Juncker préconise un salaire minimum européen

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Par: rédaction
10/09/08 - 15h50

Le président de l'Eurogroupe -le forum informel des pays de la zone euro-, Jean-Claude Juncker, a préconisé mercredi la mise en place d'un salaire minimum en Europe, à l'occasion d'un échange de vues avec la commission économique et monétaire du Parlement européen.

"Les gouvernements devraient se mettre d'accord sur le principe même d'un salaire minimum", a-t-il déclaré, jugeant qu'une telle mesure serait "importante pour l'aspect social" de la zone euro, mais "aussi pour son aspect économique". Selon M. Juncker, un salaire minimum commun aux pays de l'UE permettrait de "renforcer la concurrence et d'égaliser les conditions entre les différentes économies".

Cette position, qu'il déjà exprimée par le passé, reflète la tonalité générale de son message aux eurodéputés, teinté de forts accents sociaux et d'appels à une meilleure coordination des politiques économiques.

Il a ainsi également appelé les gouvernements à prendre des mesures pour atténuer les effets de l'inflation sur le budget des ménages les plus démunis. Ceux-ci sont en effet plus exposés à la hausse des prix, au contraire des couches plus aisées de la population.

"Avec le salaire qui est le mien, qui avoisine le vôtre, cela reste gérable", a lancé M. Juncker aux parlementaires, dans le style grinçant qu'il affectionne. Mais pour d'autres, "la vie est devenue difficile". Dès lors, "il est du devoir des gouvernements de mettre en place des éléments de solidarité pour les plus vulnérables de nos concitoyens", a-t-il dit.

Ces politiques budgétaires devraient en outre, pour lui, faire l'objet d'une concertation entre les gouvernements, notamment à l'occasion du Conseil Ecofin informel prévu vendredi et samedi à Nice. "Je veux qu'à Nice les ministres nous expliquent quelles sont leurs intentions pour les articulations du budget en 2009. Je veux que la France, l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne nous disent quelle sera leur politique économique (...), pour que les uns sachent ce que vont faire les autres", a dit M. Juncker, selon qui la coordination, "ce n'est pas nécessairement faire la même chose, mais savoir ce que font les autres".

Alors que les perspectives économiques européennes se dégradent -au contraire des Etats-Unis, où le stimulus fiscal adopté par le gouvernement rencontre un certain succès-, M. Juncker a estimé que certains pays "disposent de marges" pour mener des politiques sociales et relancer la croissance.

Ses propos font écho à ceux du commissaire européen aux Affaires économiques, Joaquin Almunia, lequel a estimé mercredi lors d'une conférence de presse que "pas mal de pays européens ont des marges de manoeuvre".

MM. Juncker et Almunia ont néanmoins insisté tous deux sur l'importance de la discipline budgétaire. Le contexte difficile "n'est pas une raison pour être moins exigeants en termes de consolidation fiscale", a dit le premier, tandis que le second a pointé du doigt les pays qui, à l'instar de la France, flirtent avec le déficit excessif.

Ces questions seront au coeur du Conseil Ecofin informel de Nice, où les grands argentiers européens, en présence de représentants de la BCE, de la Commission et de l'industrie, évoqueront leurs perspectives budgétaires, ainsi que les suites de la crise financière. (belga)

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