L'Islande nationalise ses banques à marche forcée

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Par: rédaction
9/10/08 - 12h33
La direction de Kaupthing, démissionnaire, assure avoir elle-même sollicité sa reprise en main par la FME.
Kaupthing, la première banque du pays.

Le gouvernement islandais a désormais sous sa coupe les trois plus grandes banques du pays, une opération menée tambour battant alors que l'ampleur de la crise financière ébranle le pays nordique.
Après Glitnir puis Landsbanki, nationalisées en début de semaine, le gouvernement islandais a annoncé jeudi la mise sous tutelle de Kaupthing, la première banque du pays.

"L'autorité financière islandaise, conformément au pouvoir accordé par le parlement islandais, a pris le contrôle de Kaupthing pour maintenir la continuité des opérations bancaires commerciales en Islande", a annoncé l'Autorité financière islandaise (FME) dans un communiqué.

La direction de Kaupthing, démissionnaire, assure avoir elle-même sollicité sa reprise en main par la FME. Elle impute ses difficultés au gouvernement qui a pris dans l'urgence une série de mesures ayant conduit à la nationalisation des trois plus grande banques.

"La banque se portait bien et les résultats du troisième trimestre s'annonçaient bons. Les dépôts ont augmenté chaque jour de 4 milliards de couronnes islandaises en moyenne ces six derniers mois", s'est défendue Kaupthing dans un communiqué.

A l'origine de la libéralisation du système financier dont la crise ébranle l'Islande, le gouvernement islandais fait brusquement volte-face depuis quelques jours pour sauver ce qui peut l'être.

Le Parlement a adopté lundi une loi donnant de larges pouvoirs au gouvernement du Premier ministre Geir Haarde dans le secteur financier, lui attribuant notamment le droit de mettre les banques sous la coupe de l'Etat.

Le Premier ministre, qui a estimé mercredi soir que le redressement du pays prendrait "des années", multiplie les interventions publiques pour rassurer Islandais et investisseurs. Mais le mécontentement grandit à son encontre.

Pour l'universitaire Torfi Tulinius, "l'opinion a pris conscience ces derniers jours qu'en annonçant la nationalisation de Glitnir, le gouvernement a précipité la crise".

A terme, la coalition gouvernementale (parti de l'indépendance du Premier ministre et parti social-démocrate) pourrait faire les frais de la crise, selon lui.

Dans le même temps, les banques islandaises accumulent les difficultés à l'étranger, où elles cherchent à se délester de leurs actifs après avoir ont investi massivement et sans contrôle depuis le début des années 1990.

Au Royaume-Uni, le gel par Reykjavik des comptes d'Icesave, filiale de Landsbanki, a suscité l'ire du Premier ministre britannique Gordon Brown qui a aussitôt lancé une action en justice. Des contacts entre les deux gouvernements sont en cours pour trouver une solution à l'amiable.

Les collectivités locales anglaises ont demandé jeudi la garantie de l'Etat pour les centaines de millions de livres qu'elles ont en dépôt dans des banques islandaises.

La Suède, la Finlande et la Norvège ont pris une série de mesures conservatoires pour protéger leurs épargnants titulaires de comptes dans les banques islandaises.

La Finlande a annoncé jeudi la suspension de toutes les activités de la filiale finlandaise de Kaupthing, tandis que la Bourse d'Oslo suspendait les activités d'échange de titres de Kaupthing sur la place norvégienne.

L'Islande, qui recherche des soutiens à l'étranger, va engager la semaine prochaine des négociations avec Moscou pour une aide financière évaluée à 4 milliards d'euros.

Non membre de l'Union européenne, l'Islande, qui compte 313.000 habitants, a connu ces dernières années une croissance moyenne de son PIB de 4% par an, avec un pic à +7,7% en 2004. (afp)

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