Juncker à Sarkozy: "le président de l'Eurogroupe, c'est moi"
Nicolas Sarkozy et Jean-Claude Juncker.
Le Premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois, Jean-Claude Juncker a rejeté lundi en toutes lettres les prétentions supposées du président français Nicolas Sarkozy à la présidence de la zone euro.
Interrogé sur les spéculations récentes selon lesquelles M. Sarkozy se verrait bien devenir le président de l'Eurogroupe (zone euro) au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement, M. Juncker a clairement fait savoir qu'il était lui-même le candidat "naturel" pour ce poste, étant donné qu'il préside déjà cette réunion au niveau des grands argentiers.
A un journaliste qui lui demandait si le président français deviendrait le "chef" de la zone euro, le Luxembourgeois a rétorqué qu'"un Premier ministre n'a pas de chef, ni chez lui, ni à l'étranger". "Il a simplement besoin d'un bon ministre des Finances, et en ce qui me concerne, c'est le cas", a-t-il plaisanté. M. Juncker a estimé que sa double casquette de chef du gouvernement et de ministre des Finances lui conférait "tout le savoir nécessaire" pour présider l'Eurogroupe, quel qu'en soit le format.
Il a par ailleurs rejeté l'idée même de convoquer régulièrement des sommets de l'Eurogroupe, en laquelle M. Sarkozy voit l'embryon d'un futur gouvernement économique européen. "Il n'y aura pas de structure permanente", selon M. Juncker, pour qui de tels sommets ne sont nécessaires qu'en de circonstances exceptionnelles. En pleine crise financière, Nicolas Sarkozy avait convoqué à Paris, le 12 octobre dernier, le premier sommet de l'Eurogroupe. Les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro avaient alors coordonné le soutien du secteur bancaire.
Cette initiative a été perçue comme une amorce d'institutionnalisation de l'Eurogroupe, une instance informelle qui réunit mensuellement les ministres des Finances de la zone euro. (afp)