La commissaire européenne à la concurrence Neelie Kroes attend des "informations détaillées" du gouvernement belge sur les éventuelles aides d'Etat impliquées dans l'opération de sauvetage de Fortis, avant le demantèlement et la revente du groupe bancaire.
"Nous demandons des informations détaillées en sorte d'évaluer si des aides d'Etat sont impliquées, et de déterminer, le cas échéant, leur nature et si elles sont autorisées", a expliqué Mme Kroes.
Interrogée sur ses récentes déclarations visant Yves Leterme, qui aurait selon elle "menti" en affirmant que la Commission n'était pas joignable au cours du week-end durant lequel les pays du Benelux ont injecté 11 milliards d'euros pour sauver Fortis, Mme Kroes a invité le Premier ministre belge à la joindre par téléphone. "Il peut me contacter, je suis joignable. J'ai le privilège d'avoir plusieurs téléphones portables", a-t-elle affirmé. "Les gens de mon cabinet sont en contact permanent avec les autorités belges, et c'était le cas au cours des deux week-ends du sauvetage de Fortis", a ajouté la commissaire.
La Néerlandaise a insisté sur la "grande implication" de ses services dans tous les dossiers liés à la crise financière, un engagement qu'elle a qualifié d'"assez impressionnant". La Commission europénne travaille "jour et nuit, et aussi pendant le week-end", a-t-elle dit.
En vertu des règles communautaires sur la concurrence, la Commission est chargée d'évaluer les mesures de soutien public aux banques mises en oeuvre dans la plupart des pays européens. Elle a adopté à cet effet des lignes directrices ad hoc.
Les services de Mme Kroes ont déjà approuvé les plans de plusieurs Etats membres, comme la France, les Pays-Bas et l'Allemagne, et rendu des décisions sur les mesures spécifiques en faveur de certaines banques. Bien que la Belgique ait été l'un des premiers Etats membres à être frappé par la crise financière, aucune décision n'a été rendue au sujet des banques du pays, ni à propos du plan général de garantie décidé par le gouvernement. (belga)


