Les moyennes des prix de l'immobilier dans les arrondissements judiciaires de Mons et de Charleroi sont restées relativement stables en 2008, mais le volume des ventes a légèrement baissé, a indiqué mercredi la chambre des notaires du Hainaut.
Les notaires des deux arrondissements ont également constaté un allongement de la durée des transactions.
Bernard Lemaigre, notaire à Montignies-Sur-Sambre, explique cette tendance par un double effet psychologique: "À force d'entendre que le marché immobilier monte sans cesse, certains propriétaires se sont persuadés que leur immeuble vaut une fortune. Les acheteurs, eux, ont surtout retenu que le marché est à la baisse, ce qui les incite à croire que leur marge de négociation est plus large".
À Mons, les notaires ont vu se confirmer la théorie des extrêmes: les biens bon marché voire en ruine (entre 30.000 euros et 70.000 euros) se sont vendus "comme des petits pains", les ventes de maisons moyennes sont restées stables, tandis que celles de "biens d'exception" (plus de 250.000 euros) ont connu un sensible ralentissement. Dans ce dernier cas, la valeur des immeubles a également diminué à cause d'une demande encore plus faible qu'à l'accoutumée, explique la notaire Dominique Tasset.
Comme chaque année, les communes les moins chères de l'arrondissement (de 100.000 euros à 105.000 euros) sont situées pour la plupart dans le Borinage et ses environs, soit Colfontaine, Quiévrain, Quaregnon, Frameries, Dour mais aussi Lens. Les six plus chères (de 200.000 euros à 232.000 euros) restent Seneffe, Enghien, Silly, Braine-le-Comte, Soignies et Ecaussinnes, toutes limitrophes du Brabant wallon.
À Charleroi, le prix des terrains à bâtir a maintenu sa croissance par rapport à 2007 (+ 3,98% et + 73,8% depuis 2004) en raison d'une demande toujours plus importante que l'offre.
Alors que le prix des maisons jointives est resté relativement stable (-1,36%), celui des quatre façades a diminué de 3,21%. "C'est le marché le plus influencé par le contexte économique", poursuit le notaire, estimant que les ménages concernés ont spéculé à la baisse. Selon lui, il s'agit du secteur immobilier le plus en butte à la prudence des banques.
Comme à Mons, le phénomène s'accroît à mesure que le prix des immeubles augmente. Ceux "de plus de 300.000 euros ont subi une réelle décote de plus de 10%", souligne le notaire, ajoutant que leur nombre est toutefois trop limité pour influencer les tendances du marché.
Le prix des appartements s'est quant à lui stabilisé (+ 1,01%) après l'importante hausse de 2007 (+ 14% à Charleroi). De l'avis du notaire, le secteur dispose toujours d'une importante marge de progression due à la spéculation, notamment dans les centres-villes.
À l'exception des biens de grande valeur, les notaires de la province estiment que le marché hainuyer "est sans doute le plus actif et le plus fourni" de Wallonie. Pour 2009, malgré une probable hausse du taux de chômage, les notaires prévoient une volume de ventes et des prix relativement stables. Un optimisme notamment fondé sur la baisse des taux hypothécaires et de l'inflation, la relance du pouvoir d'achat ou encore les mesures fiscales prises par les pouvoirs publics. (belga)


