Les Brasseurs peu favorables aux labels d'avertissement

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Par: rédaction
6/11/07 - 16h08

La fédération des Brasseurs belges reste opposée à la présence de labels d'avertissement sur les bouteilles de bières, a-t-elle précisé ce mardi à Bruxelles. Elle est également revenue sur deux points qui affectent le secteur brassicole: la pénurie de bouteilles en verre et la hausse du prix des matières premières.

Dans d'autres pays européens comme la France ou la Grande-Bretagne, des labels de prévention (warning labels) sont déjà apposés sur les bouteilles d'alcool et de bière notamment. Ils visent, au moyen d'un pictogramme, à alerter le consommateur des dangers de l'alcool pour la santé, spécialement pour les mineurs d'âge ou les personnes à risques comme les femmes enceintes.

Les Brasseurs belges jugent cette initiative peu efficace. Selon eux, un tel label ne jouit que d'une faible visibilité lorsqu'il est placé sur une bouteille. En effet, 50% de la consommation totale de bière en Belgique se fait dans l'Horeca où, souvent, la bouteille n'est même pas présentée au consommateur. De plus, le timing n'est pas idéal, les Brasseurs plaidant pour une meilleure sensibilisation en amont, via le secteur des soins de santé notamment.

Les Brasseurs déplorent en outre le manque d'uniformité de ces labels à l'échelle européenne, chaque pays y allant de son petit logo. Cette diversité freine l'exportation. Si toutefois à l'avenir, la Belgique venait aussi à imposer le label sur les bouteilles, le secteur brassicole espère que les autorités veilleront à bien uniformiser la mesure.

La fédération a par ailleurs évoqué la pénurie des emballages qui a frappé le secteur l'été dernier. Selon les Brasseurs belges, en un an, on est passé, pour les bouteilles en verre, d'une surcapacité de 20% à une pénurie de 10%. Or, en 2006, c'est précisément en bouteilles que la bière était le plus souvent emballée (45,82%), les fûts arrivant en deuxième position avec près d'un tiers des emballages (32,81%). En vue de revenir à une production de bouteilles en verre en équilibre pour 2008-2009, le secteur brassicole a demandé aux producteurs de bouteilles d'adapter leur production mais la fédération encourage par ailleurs les brasseurs à passer des contrats à long terme avec les producteurs pour ne pas être victimes de hausses de prix trop importantes.

Un autre point important auquel est confronté le monde brassicole est la hausse des matières premières. Selon des estimations des Brasseurs belges, le prix du houblon et de l'orge ont triplé en trois ans alors que le prix du froment a pratiquement doublé sur ces deux dernières années. La fédération explique notamment cette hausse par des récoltes très moyennes et une diminution des surfaces agricoles consacrées à ce genre de matière.

Cette hausse de prix des matières premières ainsi que celle du coût de l'énergie entraîneront une hausse des coûts de production et une baisse de la rentabilité. Le tout pourrait alors engendrer une hausse du prix de la bière, "cette décision revenant à chaque brasserie", rappelle Philippe Moortgat, directeur sortant de la Fédération des brasseurs belges. Inbev a ainsi déjà annoncé il y a peu une hausse moyenne de 3% du prix de la bière.

Les Brasseurs belges ont enfin rappelé que la journée portes ouvertes des brasseries se tiendrait le dimanche 20 avril 2008. (belga)

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