Sarkozy n'en a pas fini avec la tension sociale
Sarkozy n'en a pas fini avec les contestations sociales.
Le trafic dans les transports en commun redevenait normal, vendredi, en France à l'issue d'une grève de neuf jours contre la réforme des régimes spéciaux de retraites du président Nicolas Sarkozy qui, sans avoir cédé sur le fond, n'en a pas fini pour autant avec la contestation sociale. "Cette réforme, je l'ai promise, je l'ai tenue", s'est félicité, vendredi, le chef de l'Etat, soulignant qu'il n'avait "pas l'intention d'arrêter le mouvement de réforme".
Séisme économique
Evoquant les "millions de Français" pris "en otages" par les cheminots grévistes, M. Sarkozy a appelé les syndicats à désormais "toujours préférer la négociation à la confrontation". La situation était redevenue proche de la normale dans les transports à Paris, après ces journées de grève qui ont perturbé fortement les transports et ont été décrites par le patronat comme un "séisme" pour l'économie.
La SNCF au plan national et la RATP n'avaient pas connu de grève si longue depuis le conflit de 1995 à la suite d'une première tentative de réforme des régimes spéciaux, qui avait duré trois semaines. La majorité des assemblées générales de cheminots ont voté, jeudi, la reprise du travail après l'ouverture, mercredi soir, de négociations tripartites (entreprises, syndicats, Etat) qui devraient durer un mois sur la réforme des régimes spéciaux de retraites, au coeur du conflit.
Vendredi, les grévistes n'étaient plus que 2% à la SNCF contre 61,5% le premier jour de grève, le 14 novembre, et 73,5% le 18 octobre. Le taux à la RATP était jugé "non significatif" alors qu'il s'élevait à 44% le 14 novembre et 58% le 18 octobre. La reprise du travail consacre le "succès de la méthode Sarkozy", titrait, vendredi, le quotidien de droite
Le Figaro. Mais derrière la satisfaction de M. Sarkozy, confronté ces derniers jours à sa première mobilisation sociale massive avec la grève dans les transports, un mouvement dans les universités et une grève des fonctionnaires mardi, le pouvoir se gardait de tout triomphalisme, alors que des syndicats laissent planer la menace de nouvelles grèves avant Noël.
Nouveaux préavis de grèveLe président Sarkozy s'adressera aux Français quand "le conflit sera vraiment derrière nous", a déclaré vendredi le conseiller social de la présidence, Raymond Soubie. Les négociations, prévues jusqu'au 18 décembre à la SNCF, se tiennent "sous le contrôle des cheminots", a en effet prévenu le syndicat CGT, majoritaire. Et le syndicat Sud-RATP, noyau dur de la contestation, débattait, vendredi, de l'opportunité de déposer de nouveaux préavis de grève "aux alentours des 18 ou 20 décembre".
Nouvelles initiativesLes fonctionnaires menacent aussi de reprendre la grève en décembre. Pour faire taire la grogne et répondre à leur inquiétude, le chef de l'Etat, dont la cote de popularité s'effrite, a promis de "nouvelles initiatives" la semaine prochaine sur le pouvoir d'achat, principale préoccupation des Français selon tous les sondages. M. Sarkozy et son Premier ministre François Fillon ont perdu entre octobre et novembre 5 points d'indice de satisfaction, respectivement à 58% et 51%, selon un sondage Opinionway publié vendredi. "Des angoisses, des attentes se sont exprimées au cours des dernières semaines sur le pouvoir d'achat et sur l'emploi. Je ne prends pas ces attentes à la légère", a déclaré M. Sarkozy vendredi. Une tâche qui peut devenir un "piège", soulignait le quotidien de gauche
Libération, selon lequel la majorité de droite en est à "chercher des idées" pour obtenir des résultats rapides dans un domaine qui a révélé des "inégalités croissantes en riches et pauvres".
Or, en faisant passer cet été, en priorité, un "paquet fiscal" limitant les prélèvements sur les hauts revenus et la transmission du patrimoine, M. Sarkozy "est surtout apparu comme le président du pouvoir d'achat... des plus riches", relevait
Libération. Un responsable socialiste, Benoît Hamon, a dénoncé la "grossièreté insupportable" de la politique de M. Sarkozy, ajoutant que le président devait "cesser de gesticuler et maintenant agir", notamment par "une négociation globale sur les salaires". (belga)