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La crise touche aussi le Quartier rouge d'Amsterdam

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Par: rédaction
28/05/09 - 17h43

Eva, 25 ans, prostituée estonienne du Quartier rouge d'Amsterdam, s'emporte contre une concurrente qui a accepté de baisser ses tarifs : avec la crise économique, les clients s'enhardissent désormais à marchander.

"Certaines le font maintenant pour 30 euros"

"Les filles comme elles nous rendent la vie très dure", se plaint la jeune femme blonde en sous-vêtements qui essaie d'attirer les hommes qui passent devant sa vitrine. "Certaines le font maintenant pour 30 euros. Moi je reste à 50 euros mais il y a des clients qui ne veulent payer que 20 euros", explique-t-elle.

Touristes et hommes d'affaires se sont faits plus rares et les patrons de maisons de passe, d'agences d'escort girls et de sex-shops se plaignent : les clients sont devenus terriblement radins. "Ca va mal", se lamente Dave Doeve, un vendeur du sex-shop Casa Rosso. "Il n'y a personne, et ceux qui viennent achètent des bricoles, des préservatifs... des choses pas chères", dit-il.

Les clients sont devenus terriblement radins

Willy van der Sloot, une ancienne prostituée qui dirige une maison de passe, affirme n'avoir jamais vu ça. "Certains jours, il n'y a tout simplement personne", assure-t-elle. Oxana, 26 ans, qui partage une vitrine avec Eva l'Estonienne, affirme que ses revenus ont diminué de moitié en six mois alors que le montant de la location de la vitrine a augmenté de 25% en janvier.

Une "bonne journée", elle a jusqu'à six clients. Mais certains jours, il n'y en a qu'un. A 50 euros la passe, cela ne suffit pas à payer la moitié des 150 euros que coûte chaque jour la vitrine de quelques mètres carrés. "Je ne peux pas le faire pour 20 ou 30 euros comme certaines, ce n'est pas du boulot!", affirme-t-elle.

Les hommes d'affaires doivent réduire leurs notes de frais

"Les filles et moi, on se bat pour garder la tête hors de l'eau", raconte Hugo Snoep, à la tête d'une agence d'escort girls depuis 16 ans. La crise économique a atteint le coeur de sa clientèle, les hommes d'affaires. "Avant, ils avaient de grosses notes de frais, sur lesquelles ils pouvaient mettre leurs repas et le reste. Maintenant leurs chefs ne sont plus aussi généreux", explique-t-il.

"Avant je faisais travailler douze à quatorze filles par jour, maintenant c'est parfois trois", assure le quinquagénaire, entre deux appels de clients auxquels il propose une offre spéciale à 160 euros l'heure au lieu de 175. Selon Andre van Dorst, directeur de l'association néerlandaise de l'industrie du sexe VEB, le chiffre d'affaires du secteur a diminué de 30 à 40% en un an.

Le risque: retrouver les filles sur les trottoirs
Le haut de gamme est le plus touché. "Boire et manger, c'est là-dessus que les gens économisent le moins, juste avant le sexe. Ils vont plus au supermarché et moins au restaurant, tout comme ils choississent des établissements meilleur marché", explique-t-il. Le mairie d'Amsterdam a annoncé en décembre vouloir réduire de moitié le nombre des vitrines du Quartier rouge, 482 actuellement, et celui des coffee shops, des magasins vendant du cannabis, pour lutter contre la montée de la criminalité.

Avec la fermeture de vitrines et la crise économique, de plus en plus de jeunes femmes vont se retrouver sur les trottoirs, pour éviter de payer un loyer et des impôts sur le revenu, s'inquiète Metje Blaak, de l'association de défense des prostituées De rode draad (Le fil rouge). "On voit déjà plus de filles dans les rues", assure-t-elle. (afp/th)

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