Les voyages scolaires, la ruine pour les parents

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Par: rédaction
29/05/09 - 12h22

A l'approche de la fin de l'année scolaire, bon nombre de jeunes parents se disent que c'est enfin les vacances pour leur portefeuille aussi. Plus de cantine à payer, plus de frais pour les cours de sports et danse en tous genres, plus d'abonnements de bus etc. Ils se disent qu'ils ont bientôt deux mois pour se "refaire" et se préparer financièrement pour la rentrée des classes, LE coup de fusil annuel pour leur budget, entre les cartables, les droits d'inscriptions, les manuels et les syllabi.

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Mais les parents sont bien vite échaudés. Qui dit fin d'année scolaire dit bien souvent activité de classe, comprenez par là voyage scolaire. Et les parents, à peine remis de la note salée des "classes de neige", doivent allonger pour un bien onéreux voyage d'été proposé par l'école et auquel, bien évidemment, les enfants et adolescents rêvent de participer.

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Et certaines écoles ont compris que si la moitié des Belges ne peut plus se payer de vacances, ces mêmes ménages risquent bien de ne plus pouvoir non plus envoyer leur progéniture au soleil avec l'école en été. Jusque là, les parents géraient encore bien un refus: somme trop importante qu'un ado peut juger lui aussi, trop onéreuse, autres camarades de classe qui n'y participent pas non plus pour la plupart, période de vacances scolaires où la famille doit être réunie à la maison, etc.

Crise de fréquentation

Pour faire face à la crise et aux difficultés rencontrées par les parents, les écoles proposent désormais plus de "mini trips" et autres excursions moins inabordables. Mais même pour ces activités pédagogiques, de nombreuses écoles, instituts et athénées de Sambre et Meuse ont enregistré des chutes de participation importantes. Certains voyages ont même été revus à a baisse voire annulés, faute d'inscriptions, relatent ce jeudi les journaux du groupe Sud Presse.

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Si les sorties de classe sont moins exorbitantes dans certaines écoles grâce à la compréhension des directeurs et professeurs organisateurs (eux aussi parents...), les parents d'élèves ne savent pas toujours pour autant suivre et inscrire leurs enfants. Et même à raison d'une activité de fin d'année entre 60 et 175 euros en moyenne, les parents de familles nombreuses ne s'en sortent plus. L'accumulation des frais pour chacun des enfants donne, au final, des coûts astronomiques pour le budget familial.

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Mais comment faire comprendre à un enfant ou un ado qu'il ne partira pas avec ses camarades sans lui donner l'impression de le priver, surtout si le voyage se déroule encore pendant les semaines de classe? Tout d'abord, avant de lui coller un refus catégorique, parlez-lui. Prendre l'ado en adulte pour lui signifier qu'il est assez mature pour comprendre que les parents ont un budget, et lui montrer que vous faites confiance à son bon sens ne pourra que le valoriser et surtout l'aider à ne pas voir un refus comme une sanction mais comme quelque chose qui vous peine vous aussi. Ne dramatisez pas non plus, surtout avec un enfant plus jeune, il pourrait voir votre situation financière pire qu'elle ne l'est.

Apprendre à l'enfant à faire des choix
Ensuite, vous pouvez aussi proposer à votre enfant de choisir. Ce sera le stage d'équitation en juillet ou le voyage au Futuroscope en juin, par exemple. S'il a choisi lui-même entre les deux options, il vous reprochera moins à vous de n'avoir pas pu participer à l'un ou l'autre: c'était SA décision. Signifiez-lui aussi qu'il a effectivement le droit d'être récompensé pour ses bons résultats, mais que vous ne pouvez le faire que dans la mesure de vos moyens, et parce que ses frères et soeurs y ont droit eux aussi. Les vacances et activités demeurent un luxe, surtout à l'époque actuelle, vous ne pouvez que responsabiliser votre enfant en le lui expliquant. Il n'est jamais trop tôt pour comprendre que tout ne lui est pas dû. Ce qu'il comprendra le fera toujours moins souffrir qu'un manque d'explications.

Obligatoire? Jamais!
Un autre cas de figure peut se présenter. Certaines excursions de classe, parce qu'elles ont lieu pendant la semaine et pendant le trimestre, sont perçues comme "obligatoires". Certaines leçons sont données sur place, par exemple. Et les organisateurs insistent souvent sur le fait que "si 80% des enfants ne sont pas inscrits, le voyage ne pourra pas avoir lieu car nous ne bénéficierons pas de tarifs préférentiels". Très bien, la bonne volonté des parents est nécessaire, c'est vrai. Refuser un week-end dans un gîte dans les Ardennes à votre enfant parce que tatie Julia fête ses 75 ans, c'est dommage, effectivement. Mais pas question de culpabiliser démesurément. Expliquer au professeur que l'excursion est trop coûteuse, pour vous, malgré ses efforts pour faire baisser les prix, il doit pouvoir l'entendre. En général, les écoles disposent d'un fonds pour aider les parents d'élèves en véritables difficultés financières.

Faire de l'activité de fin d'année un vrai projet
Si ce n'est pas encore le cas, proposez-lui d'inciter les enfants à diminuer les frais en préparant le voyage et en le finançant par projets les mois qui précèdent: laver les voitures le dimanche, vendre des pommes à la récré, proposer leurs services etc. Et pas uniquement en vendant des chocolats aux parents, évidemment! Le voyage de classe prendra encore plus de valeur si le groupe a eu l'occasion de se souder au cours de l'année et a mérité et gagné son excursion. Il s'agit, là aussi, d'un bon apprentissage de la vie. Nos enfants auront certainement besoin de ce sens du travail pour les nombreuses années qui les attendent. Autant prendre les bonnes habitudes tout de suite.

Annabel Claix

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