Les premiers effets de la crise sur l'économie se font sentir

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Par: rédaction
5/12/07 - 20h56

La crise politique n'a jusqu'à présent eu que peu d'impact sur l'économie de la Belgique, mais ses premiers effets ont commencé à se faire sentir ces dernières semaines, a déclaré mercredi le vice-gouverneur de la Banque nationale, Luc Coene, devant la commission Budget et Finances de la Chambre.

Ces derniers temps, les sociétés de courtage ont rendu plusieurs avis négatifs sur les obligations d'Etat belges. Les intérêts sur ces obligations avaient déjà augmenté fortement ces derniers mois, notamment en raison de la crise du crédit à l'échelle mondiale. Toutefois, le fait que ces obligations restent plus chères que les étrangères ne doit être attribué qu'en partie à la durée de la crise.

Avant qu'il ne soit trop tard
"La différence avec les Pays-Bas ou la France ne s'élève qu'à 6 à 7 points de base", relève Luc Coene. Il s'ensuit par ailleurs que la Belgique doit débourser plus d'intérêts sur le remboursement de la dette publique. Les réelles conséquences économiques de la crise restent limitées, tempère le vice-gouverneur. "Le problème, c'est que lorsque les effets se manifesteront, il sera alors trop tard", fait-il remarquer.

Les prévisions ne sont pas à l'optimisme. Luc Coene a laissé entendre que les chiffres de la croissance et de l'inflation que la Banque nationale avait avancés seront revus la semaine prochaine. La BNB tablait sur une croissance de 2,2% et une inflation équivalente pour 2008. "La croissance sera clairement inférieure et l'inflation supérieure", a tranché le vice-gouverneur, sans entrer dans le détail.

Déficit
Pour 2007, le chiffre devrait se fixer à 2,6 de croissance, soit moins que l'an dernier (2,9). Concernant le budget, la Banque nationale envisage un déficit de 0,1 du produit intérieur brut (PIB) pour 2007. Si aucune mesure n'est prise, le déficit devrait être de 0,3 l'an prochain. Le pacte de stabilité, qui devrait notamment assumer le coût du vieillissement de la population, s'était pourtant fixé pour 2008 l'objectif d'un surplus de 0,5.

La crise du crédit aux Etats-Unis est l'un des facteurs de risque pesant toujours sur la croissance économique. Selon Luc Coene, l'incertitude devrait encore se prolonger. Conséquence indirecte, les banques commencent à appliquer une politique de crédit plus stricte. Et la Belgique suit, ressort-il d'une étude "Bank Lending Survey" présentée par Luc Coene mercredi.

Pour le troisième trimestre, 15 des banques reconnaissent qu'elles seront plus sévères dans leurs octrois de crédits, surtout concernant les crédits hypothécaires et les crédits aux entreprises, et plus particulièrement pour les grandes fusions et les reprises. Toutefois, il ne faudrait pas craindre une régression économique telle que celle constatée en 2001 après les attentats du 11 septembre, car la part des Etats-Unis dans l'économie mondiale s'est depuis lors réduite, au profit de pays à forte croissance tels que la Chine et l'Inde. "Ce sont eux les moteurs de l'économie mondiale, et celle-ci devrait croître de 5 l'an prochain", a affirmé Luc Coene.

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