Le prince Philippe a officiellement inauguré samedi les nouvelles installations du terminal de l'aéroport de Charleroi, qui sera mis en service le 29 janvier. André Antoine, vice-président du gouvernement wallon et notamment en charge de la politique aéroportuaire, voit dans cette inauguration "le symbole et le symptôme vertueux d'un nouvel élan non seulement pour Charleroi mais aussi pour toute la Wallonie", a-t-il indiqué dans son discours.
Nombreux invités
Pour la circonstance, les organisateurs n'avaient rien négligé du caractère festif de l'événement, avec ballon dirigeable, musique et compte à rebours officiel, donnant à cette inauguration l'allure d'un véritable show. Le prince Philippe était entouré de plusieurs centaines d'invités parmi lesquels, outre André Antoine, le ministre-président de la Région wallonne, Rudy Demotte, le ministre d'Etat Elio Di Rupo, le vice-Premier ministre Yves Leterme, les ministres Dupont, Magnette, Fonck et Piette, ainsi que de nombreux parlementaires et responsables régionaux.
La présidente du conseil d'administration de Brussels South Charleroi Airport (BSCA), Edmée de Groeve, et l'administrateur délégué, Marcel Buelens, ont pris la parole pour dresser l'historique de l'aéroport et remercier ceux qui en avaient soutenu les efforts. Le ministre-président de la Région wallonne, Rudy Demotte, s'est félicité de l'image positie que cette initiative donnait de Charleroi et de la région.
"Success story wallonne"
Pour André Antoine, la référence à Bruxelles dans le nom de l'aéroport "illustre aussi la propension de cette infrastructure à s'ouvrir sur le monde au bénéfice de tout un pays". Il a rappelé ce qu'ont été les étapes de de cette "success story wallonne": un consensus politique au niveau de la Région et une politique exemplaire d'accompagnement des riverains. C'est ainsi qu'au 1er janvier, 920 maisons ont été insonorisées et 133 maisons ont été rachetées.
Le ministre Antoine a également insisté sur le fait que les services de l'environnement de la Société wallonne des aéroports (Sowaer) ont reçu, en 2007, 179 plaintes de riverains à Charleroi pour 1.250.000 plaintes à Zaventem.
Capacité doublée
Le nouveau terminal a pour ambition de doubler la capacité actuelle d'accueil des passagers, avec pour objectif cinq millions de passagers dans un ensemble d'infrastructures particulièrement adaptées au créneau du vol low cost. Le nouveau parking pour voitures a une capacité de 5.000 véhicules, la nouvelle aire de parking avions permet d'accueillir simultanément dix appareils moyen porteur et quatre nouvelles bretelles d'accès à la piste seront réalisées, dont deux sont déjà opérationnelles à ce jour.
L'extension annoncée du parc pétrolier à une capacité de 1,8 million de litres (contre 600.000 litres précédemment) autorisera l'avitaillement à un rythme en rapport avec les rotations d'appareils. La construction du hall de maintenance permettra de servir les compagnies, particulièrement celles qui auront des appareils basés à Charleroi. L'ensemble de ces investissements, opérés par la Sowaer, place Charleroi dans la catégorie des aéroports passagers régionaux les plus modernes et les mieux équipés et est de nature à renforcer la fidélisation des compagnies actives sur le site, et d'en attirer d'autres.
Absorber les flux
Vingt-cinq comptoirs d'enregistrement sont prévus, qui permettent d'absorber rapidement des flux importants. La présence de bornes d'auto-enregistrement augmente encore cette fluidité. Douze salles d'embarquement sont prévues: quatre Schengen, quatre non-Schengen, les quatre autres adaptables. Les sept tours d' accès aux pistes sont dotées d'un ascenseur. Les zones publiques et de transit disposent d'une série de commerces dont, Ryanair oblige, un pub irlandais en zone publique.
Trois autres dossiers sont encore à l'ordre du jour d'un proche avenir: la mise en place d'un dispositif ILS catégorie 3, permettant l'atterrissage dans des conditions de visibilité difficile, comme par temps de brouillard; la construction d'une nouvelle tour de contrôle; l'allongement de piste, côté Est, celle-ci passant de 2.550 m à 3.200 m afin de permettre l'exploitation des avions actuellement opérés sur le site (type Boeing 737 ou Airbus A-300) sur des distances plus importantes, ce qui permettra d'atteindre des destinations plus lointaines qu'actuellement, et d'ouvrir de nouveaux marchés à l'aéroport et à ses utilisateurs.
125 millions d'euros
La première pierre du terminal avait été posée en juillet 2005 et les premiers tests réalisés le 4 décembre dernier s'étaient avérés concluants. Il propose une surface au sol de 30.000 m2, en trois niveaux, plus un niveau administratif en mezzanine. Mais la nouvelle infrastructure est aussi faite d'une série de chiffres: 300 personnes sur les chantiers, 70.000 tonnes de béton, 2.500 tonnes d'acier, 13.000 m2 de granit, plus de 500 m2 de pierre bleue, 9.000 m2 de vitres et 450 kilomètres de câbles. Le chantier représente un budget global de 125 millions d'euros. (belga)


