La BCE laisse entendre qu'elle ne baissera pas ses taux

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Par: rédaction
23/01/08 - 12h30

Le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet a laissé entendre mercredi qu'une baisse de taux, contrairement aux Etats-Unis, n'était pas au programme en zone euro, même si la croissance pourrait y être moins importante que prévu cette année.

"En toutes circonstances, mais plus encore lors des périodes difficiles de correction significative sur les marchés, et de turbulences, la responsabilité de la banque centrale est d'ancrer solidement les anticipations d'inflation pour garantir la stabilité financière", a-t-il déclaré devant des parlementaires européens à Bruxelles.

Stabilité
A ceux qui réclament que la BCE se préoccupe davantage de la croissance, comme la Réserve fédérale américaine, et un peu moins de la hausse des prix, M. Trichet a adressé un message clair. "Nous n'avons pas sur notre boussole deux aiguilles, une qui serait celle de l'économie réelle, et l'autre qui serait l'aiguille de l'inflation. Nous avons une seule aiguille, celle qui nous indique comment faire pour donner (...) la stabilité des prix", a dit M. Trichet.

"Notre mandat consiste à donner aux citoyens la stabilité des prix et à être crédible" dans ce domaine, "c'est la condition nécessaire pour que l'on ait une croissance durable et soutenable", a encore assuré le Français. En réaffirmant la priorité à la lutte contre la hausse des prix, M. Trichet prend ses distances avec la banque centrale américaine, qui a frappé fort mardi en procédant à une baisse surprise et importante de son taux d'intérêt directeur pour soutenir l'activité économique aux Etats-Unis.

Baisse
Déçues, les Bourses européennes sont reparties à la baisse mercredi, après les propos de M. Trichet. Le taux de la banque centrale américaine, abaissé de trois-quarts de point à 3,5%, est désormais inférieur à celui de la zone euro, situé à 4% depuis juin dernier. Cette baisse de taux -la plus importante en 26 ans-, en dépit de hausses de prix importantes également aux Etats-Unis du fait de la flambée des prix de l'énergie, a permis aux marchés boursiers de reprendre leur souffle.

En agissant de la sorte, la Fed a indirectement accru la pression pesant sur la BCE pour qu'elle suive aussi le mouvement, alors que les signes de ralentissement se multiplient aussi en zone euro. Ce dont a convenu M. Trichet à Bruxelles, en réaffirmant que la croissance pourrait être moins importante qu'escompté jusqu'ici.

Prévisions
"A ce stade il n'y a pas d'élément pour modifier" le scénario de base de la BCE sur les perspectives de croissance en zone euro, mais "les risques par rapport à ce scénario de base sont (orientés) à la baisse", a-t-il déclaré. Dans ses dernières prévisions, datant de décembre, l'institut monétaire tablait sur 2% cette année en zone euro.

Mais ce pronostic est désormais jugé trop optimiste. Le vice-président de la BCE, Lucas Papademos, a indiqué mardi soir qu'elle devrait être plutôt légèrement inférieure à 2%. "Nous allons voir comment se développe la situation dans l'économie réelle", a souligné M. Trichet.

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