Le trader de la Société générale mis en examen pour "abus de confiance"

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Par: rédaction
28/01/08 - 19h58

Le trader de la Société générale, Jérôme Kerviel, a été mis en examen lundi pour "abus de confiance", faux et usage de faux" et "introduction dans un système de traitement automatisé de données informatiques" et laissé en liberté sous contrôle judiciaire, a annoncé son avocate Elisabeth Meyer.

Le jeune courtier de 31 ans avait été déféré lundi à la mi-journée à la section financière du parquet de Paris après 48 heures de garde à vue. Il pourrait être mis en examen dans la soirée. Jérôme Kerviel a reconnu devant les enquêteurs avoir mené des opérations non autorisées par la banque dès la fin 2005. Jusqu'à présent, la Société Générale avait évoqué des opérations à partir de fin 2006.

Dissimuler
Néanmoins, les engagements financiers d'alors n'étaient "pas de l'ampleur" de ceux découverts par la banque le 18 janvier et qui avoisineraient les 50 milliards d'euros. "En 2006 et en 2007, il a peu à peu effectué des prises de positions purement spéculatives", a-t-il poursuivi. Si le courtier a affirmé aux enquêteurs n'avoir "pas agi à son profit direct et personnel", il a "admis", selon M. Marin, "avoir accompli certains actes et faits pour dissimuler" ses actions sur le marché.

Selon le procureur, Kerviel a fait valoir qu'il n'était pas le seul à faire prendre des risques à sa banque, mais que d'autres traders ont agi de même "à un moindre niveau". Il "espérait apparaître comme un trader d'exception" et "obtenir des primes de rendement supérieures" pouvant atteindre "300.000 euros pour 2007". Le procureur a précisé que, en l'état, "l'enquête ne démontrait pas une absolue défaillance des systèmes (de protection) de la Société Générale".

Mise en détention
L'information judiciaire, qui vise le trader et toute personne pouvant être impliquée dans cette affaire, a été ouverte pour "abus de confiance aggravé par le caractère professionnel de l'auteur", ainsi que pour "introduction dans un système automatisé de données informatiques". La peine la plus lourde encourue est celle pour abus de confiance, soit 7 ans d'emprisonnement et 750.000 euros d'amende.

M. Marin a annoncé que le parquet allait requérir la mise en détention provisoire de M. Kerviel pour garantir des investigations à venir, mais aussi pour "protéger ce garçon qui subit (...) une pression considérable (...) médiatique et professionnelle" pouvant "le conduire à fuir ce pays". Ses avocats ont de nouveau clamé son innocence.

Délit d'initié
De son côté, le PDG de la Société Générale, Daniel Bouton , a qualifié Jérôme Kerviel de "fraudeur formidablement dissimulateur". "Daniel Bouton prend la responsabilité des propos qu'il tient et qui sont diffamatoires", a réagi l'avocat de M. Kerviel. Plusieurs actionnaires ont par ailleurs porté plainte contre X pour "délit d'initié" et "manipulation de cours" après l'annonce de la vente de 85,7 millions d'euros d'actions de la Société générale le 9 janvier par un administrateur de la banque. L'Association des petits porteurs actifs (APPAC) a également demandé l'ouverture d'une information judiciaire pour "délit d'initié".

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