La pression sur le PDG de la Société Générale, Daniel Bouton, semblait retomber mercredi en même temps que se tenait un conseil d'administration crucial pour tenter de trouver une issue à la crise, alors que des rumeurs de raid sur le groupe se faisaient de plus en plus pressantes.
De plus en plus de voix s'élevaient pour estimer, à l'inverse du président Nicolas Sarkozy, que Daniel Bouton ne devait pas démissionner, du moins pour le moment. "Quand un navire coule, on ne jette pas le capitaine par-dessus bord", a confié l'un des deux administrateurs salariés de la Société Générale, Philippe Pruvost. La "position" de la CGT est "très claire": "On ne souhaite pas le départ de Daniel Bouton", a renchéri un délégué national CGT. "Cela signifierait forcément l'arrivée de quelqu'un de l'extérieur qui viendrait liquider l'entreprise", a-t-il estimé, craignant "une vente à la découpe".
Plusieurs centaines de salariés se sont brièvement rassemblés devant le siège pour soutenir M. Bouton.
Rumeurs d'OPA
Parallèlement, l'hypothèse d'un rapprochement avec BNP Paribas pour faire échec à une OPA hostile d'une banque étrangère et créer un champion bancaire français est revenue en force, à la faveur de la fragilisation de la Société Générale. "Le gouvernement entend que la Société Générale reste une grande banque française acteur de la mondialisation", a déclaré mardi le Premier ministre François Fillon.
La Bourse de Paris parie également sur un scénario de rachat, qui a fait flamber le titre mardi de plus de 10%. Mercredi, l'action perdait 0,31% vers 11h50. L'annonce par BNP Paribas d'un profit record de 7,8 milliards d'euros en 2007 la fait apparaître comme plus forte que jamais face à sa rivale française. La Générale a perdu près de 7 milliards d'euros dans l'affaire du trader et la crise des "subprime", qui a fait fondre son bénéfice 2007 à 700 millions d'euros.


