La Commission européenne a mis sur pied jeudi un nouvel instrument d'observation et de comparaison des prix sur le marché européen des biens et services, ceci afin de déceler d'éventuels dysfonctionnements au préjudice des consommateurs.
"En quinze ans, le marché intérieur a considérablement progressé, mais nous considérons que les consommateurs n'en ont pas encore récolté les fruits comme ils le devraient", a indiqué jeudi la commissaire européenne en charge de la Protection des consommateurs, Meglena Kuneva.
Baptisé "Consumer Market Watch", ce nouvel instrument examinera les marchés du commerce de détail à l'aune de cinq indicateurs fondamentaux pour les consommateurs: les prix, les plaintes, les taux d'échange/de changement de prestataire, la satisfaction et la sécurité.
La Commission veut notamment comprendre pourquoi un même appareil photo digital est vendu 400 euros en Belgique, alors qu'il ne coûte que 300 euros à Lille. Peut-on dans ces conditions parler réellement de "Marché unique européen", s'interroge la Commission qui entend étendre sa collecte d'informations à une vingtaine de secteurs, dont les voitures, les services bancaires, les produits laitiers, etc.
Si des irrégularités faussant le libre-choix des consommateurs ou entravant la concurrence sont décelées, l'exécutif ouvrira dans une seconde phase une étude approfondie et ciblée du marché en question, assortie d'éventuelles actions correctrices.
Le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) s'est félicité de l'initiative de la Commission, tout en demandant que celle-ci couvre un éventail large de marchés, dont les services publics, les professions libérales notamment. Le BEUC plaide enfin pour que ce tableau comparatif soit accessible au public, et mis à jour au moins tous les six mois.


