L'organisation de consommateurs Test-Achats a réclamé vendredi le plafonnement des prix des SMS nationaux, parmi les plus chers d'Europe, selon une comparaison européenne réalisée par ses soins.
"Il n'est pas rare qu'en fonction des formules et des profils, la Belgique soit entre 3 et 4 fois plus chère", souligne l'organisation qui a passé au crible 1.500 tarifs dans 8 pays européens.
Sur base de trois profils de consommation (léger, moyen et intensif), l'étude montre que c'est aux Pays-Bas qu'il est moins onéreux de passer des coups de fil et d'envoyer des SMS. "La Belgique n'est jamais la plus intéressante, et Proximus et Mobistar (qui totalisent plus de 3/4 des abonnés belges, ndlr) ne sont jamais parmi les offres les moins chères", déplore David Wiame, auteur de l'étude.
Selon Test-Achats, les causes de cette situation sont connues de longue date: absence de concurrence, manque de transparence et inaction du régulateur belge, l'IBPT. Pour Test-Achats, cette situation permet aux opérateurs d'augmenter sensiblement leurs marges bénéficiaires, leurs coûts fixes ayant diminué ces dernières années.
"Le consommateur est donc une nouvelle fois grugé", dénonce Jean-Philippe Ducart, porte-parole de l'organisation qui relève le paradoxe de la situation actuelle. En effet, là où la Commission européenne a imposé un plafonnement des prix pour l'itinérance mobile (les appels et les SMS transnationaux), il n'y a rien de pareil au niveau belge.
"Cela mène à une situation aberrante pour le consommateur belge: alors qu'il paiera entre 0,10 euro et 0,15 euro dans les formules standards nationales, il paiera d'un pays européen vers son propre pays un maximum de 0,13 euro. En poussant le raisonnement à l'extrême, il pourrait être recommandé de passer la frontière pour envoyer un SMS moins cher!", grince Test-Achats.
L'organisation exige en conséquence de l'IBPT qu'il plafonne le prix du SMS en Belgique à 0,06 euro et réclame une série d'autres mesures pour assurer une meilleure transparence dans le secteur et une plus grande protection des consommateurs.
Test-Achats demande notamment la création d'une fiche d'information standardisée pour les opérateurs (comme cela existe déjà en France), la fin du principe de reconduction tacite des contrats et leur limitation à 12 mois, ainsi que des indemnités en cas de dysfonctionnement du réseau.
Pour permettre aux Belges de chercher la meilleure offre tarifaire, l'organisation a par ailleurs décicé vendredi d'ouvrir gratuitement à tous son simulateur sur internet jusqu'au 28 août. Infos: www.test-achats.be (belga)


