Georges Huercano.
Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF, et Fadila Laanan, ministre de l'Audiovisuel en Communauté Française.
Pour la ministre de l'Audiovisuel Fadila Laanan, la polémique née à la suite du départ du journaliste Georges Huercano de la RTBF ne dépasse pas les limites d'une affaire interne dans laquelle elle n'a pas à jouer les arbitres.
Au contraire, pour Richard Miller (MR), qui a interrogé jeudi la ministre en Commission de l'Audiovisuel du parlement de la Communauté, l'affaire démontre la nécessité d'ouvrir un débat sur la façon dont la RTBF conçoit ses émissions de service public. Une opinion corroborée en coulisses par Jean-Paul Procureur (cdH). A l'occasion de son départ de la RTBF (pour rejoindre RTL-TVI), M. Huercano avait reproché à son ex-employeur, dans le supplément ZAP du quotidien Le Soir, de "briser des projets sans explication".
Une politique dont des émissions telles que "Au nom de la loi", "C'est la vie" ou "C'est la vie en immersion" auraient été victimes. Si M. Miller estime que le gouvernement et le parlement du pouvoir subsidiant doivent s'interroger sur le type d'émission de service public que la Communauté française est en droit d'attendre de la part du boulevard Reyers, Mme Laanan n'est pas du même avis.
Les propos de M. Huercano relèvent de sa propre responsabilité et "il n'appartient ni à cette honorable assemblée, ni à la ministre de tutelle, de jouer les arbitres dans un conflit entre la direction de la RTBF et l'un de ses anciens journalistes", a-t-elle répondu, invoquant l'autonomie de gestion de la radio-télévision publique. Et selon elle, le débat sur les missions de service public de la RTBF sont "incessants" au sein du parlement de la Communauté: débat sur le nouveau contrat de gestion, auditions de l'administrateur général, etc.
En marge des travaux de la Commission, le député cdH Jean-Paul Procureur a jugé qu'en refusant d'analyser la véritable situation de crise à la RTBF à propos de ces émissions d'information, on nie l'évidence et on ne rend pas service à la radio-télévision publique. Et cet ancien de la RTBF de relever que celle-ci supprime une émission produite à Charleroi comme "Dossiers noirs", qui commençait à marcher, pour la fusionner avec une autre émission, produite à Liège, où l'on ne conçoit pas les émissions de la même façon. "On casse ce qui marche et on replace d'autres formules qui n'ont jamais marché", a-t-il affirmé à l'agence BELGA.
Toujours selon M. Procureur, la direction de la RTBF refuse aussi de voir la réalité, face aux mauvais résultats des sondages d'audience enregistrés par la chaîne radio La Première.
(belga)


