Mélanie de Plus Belle La vie: "Mon premier amour est mort d'un cancer"
Dans Plus Belle La vie, Laëtitia Milot joue Mélanie, la souriante serveuse du café Le Mistral. Dans la vraie vie, ce large sourire dissimule bien des blessures. A à peine 30 ans, l'actrice a accepté de jouer le jeu de la biographie. Sous la forme d'un long entretien journalistique entrecoupé de pages détente où elle nous donne ses conseils beauté, sa play-list préférée, ses recettes favorites, ses endroits coups de coeur à Marseille, elle se confie sans tabou.
Pour la première fois, elle évoque la terrible disparition de son amour de jeunesse, Yannis, décédé à 22 ans d'un cancer foudroyant alors
qu'ils vivaient ensemble et étaient follement amoureux. Elle évoque brièvement ses mauvaises relations avec son père et admet aussi ses problèmes de santé: elle a appris récemment qu'elle n'avait que très peu de chances de devenir maman un jour.
Mais n'allez pas croire que Je voulais te dire... est livre est déprimant. Laëtitia raconte également son amour pour Badri, qu'elle a épousé le 30 juin 2007, sa relation avec la célébrité, les journées de tournage de Plus Belle La vie et sa passion du métier d'actrice. Rencontre.
Ce livre, vous y pensiez depuis longtemps?On m'a proposé à plusieurs reprises d'écrire une biographie depuis que je joue dans Plus Belle La Vie. J'avais dit non. Je n'en avais pas envie. Puis, j'ai rencontré Johana Lagunas, une journaliste de Télépoche. On est devenue très amies. C'est elle qui est venue avec ce projet. Elle m'a dit d'emblée: je te rassure, ce n'est pas une bio, ça sera plutôt un long entretien. Elle m'a dit que je n'étais pas obligée de tout raconter, d'autant plus qu'elle voulait mettre en parallèle des encadrés ludiques.
Vous n'étiez pas obligé de tout dire mais vous abordez quand même quelques sujets sensibles...Je ne rentre pas vraiment dans les détails. Par exemple, la maladie de Yannis, je n'en parle que sur cinq pages. Ca a été très abrégé et c'est fait exprès. Je ne voulais pas faire un livre mélodramatique, je ne voulais pas qu'on pleure en lisant ce livre. Je veux qu'il aide les gens, qu'il apporte des choses, que ça fasse sourire. Comme un comédien,
je veux qu'il procure plein d'émotions différentes. Si à la fin on me dit que mon histoire, mes recettes, mes conseils zen ont touché, j'ai réussi mon pari.
Ca n'a donc pas été une épreuve?Non. En fait, je reçois beaucoup de courriers. Les fans s'identifient beaucoup à Mélanie. Je comprends. Les petites filles se confient à moi en me prenant un peu pour leur grande soeur. On me dit: j'ai perdu mon frère, mon ami, ma mère d'un cancer, aide-moi. Quand je reçois
ce genre de lettres, je me dis que je ne suis personne pour les aider. Ils voient en moi Mélanie, la bonne copine du Mistral qui trouve toutes les solutions. Mais moi, je suis Laëtitia. Je pense qu'inconsciemment tout ça m'a travaillé et m'a donné envie de raconter certaines histoires. J'ai voulu apporter une petite aide à des gens malades, des gens qui traversent un divorce, une fille qui a des relations difficiles avec son père... C'est aussi pour montrer que je suis une fille comme les autres.
Vous avez des relations difficiles avec votre papa mais il témoigne brièvement dans votre livre. Il a accepté d'emblée?Je voulais faire participer mes proches, en l'occurence ma mère et Badri. Mais je ne pouvais pas les faire participer sans demander à mon père. J'ai dit à Johanna d'aller l'interviewer et j'ai refusé de voir l'interview jusqu'à la fin. J'ai lu celle de Badri, qui m'a énormément touchée. Il m'aime. (Elle rigole) Ma mère s'est beaucoup livrée. Elle a parlé pendant deux heures. Avec mon père, l'entretien n'a duré que dix minutes. En la lisant, eh bien... J'ai vu mon père, égal à lui-même. J'ai toujours dit que j'avais deux frères. Lui, il dit qu'il n'a que deux enfants. Je ne pouvais pas le laisser dire ça dans mon livre. Pour moi, il a trois enfants, qu'il les assume jusqu'au bout. J'aime mes deux frères énormément, autant l'un que l'autre. Je n'arrive pas à concevoir l'idée que mon père puisse renier une adoption qu'il a faite.
Vous parlez aussi du fait que vous ne pourrez probablement pas avoir d'enfant.Quand ma gynéco m'a annoncé ça, le premier jour, j'étais dans le pire des états. Pour moi, avoir un enfant, c'est très important. Puis, j'en ai parlé à ma mère, à mes copines, sur le plateau de Plus Belle La Vie, et je m'aperçois que ça arrive à beaucoup de monde. Ca m'a donné de l'espoir. Tout le monde avait un exemple de couple qui avait des problèmes à concevoir et pour qui ça a finalement fonctionné. Ca va être compliqué mais rien n'est perdu! Je suis une fonceuse. Il faut garder espoir et se dire qu'il y a toujours pire dans la vie. Dans le pire des cas, j'adopterai un enfant. J'ai encore le temps, je vais avoir 30 ans. Moi, j'ai 5% de chances d'avoir un bébé. C'est toujours ça, il y a de l'espoir.
Dans votre emploi du temps quotidien, publié dans ce livre, vous dites que vous regardez Plus Belle La Vie. Vous ne ratez donc aucun épisode?J'aime suivre l'évolution de la série, savoir pourquoi les gens aiment et voir mes amis jouer. J'analyse, je me dis que peut-être que j'aurais fait ça autrement. Et puis, voir mon évolution. Je puise dans les scènes déjà jouées pour pouvoir évoluer. Au début, je me trouvais vraiment mauvaise. Du coup, j'essayais de comprendre ce qui n'allait pas. Mais en même temps, on ne savait pas où on allait et tourner un épisode par jour quand on est une jeune comédienne, ce n'est pas évident...
Et pourquoi les gens aiment la série alors d'après vous?Je me suis attachée à Plus Belle La vie en tant que téléspectatrice. On a envie de savoir la suite. Et puis ça traite de sujets d'actualité. Parfois, je me dis que les scénaristes sont voyants. Ils abordent des sujets qui arrivent vraiment ensuite. C'est fou!
Le personnage de Mélanie ne vous fatigue pas encore?Pas du tout. Je suis gâtée, je remercie les auteurs. Mélanie a plein d'intrigues et d'émotions à jouer. Elle était avec un prêtre, puis avec un mafieux. Je ne peux pas en avoir marre de Mélanie.
Vous pensez continuer Plus Belle La Vie encore longtemps?Ce sont des contrats d'un an qu'on resigne fin juillet. Pour l'instant, je continue. Et puis, je monte des projets en parallèle. Je vais tourner une émission sur le paranormal, je fais du théâtre, des pubs...
Vous dites que faire du théâtre, c'est un pas pour se rapprocher du cinéma et que Plus Belle La Vie est un piège...Oui, le cinéma est mon rêve et Plus Belle La Vie comme Sous le soleil, Les vacances de l'amour... Une série en France avec un rôle récurrent principal, ça peut être un piège.
Vous imaginez même faire une dépression quand la série s'arrêtera!Je suis dans ce personnage quasiment 24 heures sur 24. J'ai peur du vide quand ça s'arrêtera. Se retrouver sans rien d'un seul coup, ça fait peur. Mais peut-être qu'il y aura plein de choses formidables ensuite et que ça sera génial.
Avez-vous déjà envisagé de faire un autre métier?Non, jamais. Si ça s'arrête, je n'ai aucun plan B. Quand j'étais gamine, je pensais être vétérinaire. J'ai vite laissé tomber l'idée quand j'ai appris le nombre d'années d'études qu'il fallait faire.
Déborah Laurent