La soirée électorale risque d'être perturbée dimanche soir sur France 2 et France 3 pour le premier tour des régionales, la CGT (majoritaire) ayant déposé un préavis de grève sur le délicat dossier de la nouvelle convention collective du groupe public.
La direction de France Télévisions a affirmé samedi qu'elle "mettra tout en oeuvre pour limiter les perturbations afin que les téléspectateurs puissent bénéficier, dans les meilleures conditions, du travail d'information de l'ensemble des rédactions du service public".
La mobilisation s'annonce "forte", selon la CGT, faisant peser de lourdes menaces sur la soirée électorale de France 2, programmée de 19h55 à 21h35, et surtout sur celle de France 3 et de ses 22 antennes régionales, où un important dispositif est prévu, de 20h15 à 23h50. L'impact de la grève ne pourra cependant être évalué que dimanche dans l'après-midi, car "plus de la moitié du personnel embauche à 14h00", a expliqué à l'AFP Jean-François Téaldi, porte-parole de la CGT de France Télévisions.
Certaines régions, comme l'outre-mer, pourraient être dans l'incapacité capacité d'assurer la soirée. Dans les autres régions, "en fonction du nombre de grévistes, certains reportages et réactions seront difficiles à faire", prédit-il. La CGT s'est engagée à ne pas provoquer de perturbations "sauvages" (envahir les plateaux, etc.) mais avertit que "si la direction fait appel à des moyens du privé ou met des cadres aux manettes pour remplacer les techniciens grévistes, cela mettra le feu aux poudres".
La CGT, majoritaire au sein du groupe de 11.000 salariés, a maintenu vendredi soir le préavis de grève illimité qu'elle avait déposé seule, après un "refus" de la direction de continuer à négocier sur les nouvelles conventions collectives. "En stoppant les négociations, la direction a jeté de l'huile sur le feu. Sur le terrain, les gens sont très remontés", a commenté le leader cégétiste.
Les négociations ont bloqué vendredi notamment sur la demande de la CGT de revenir sur la "généralisation du forfait jour", considérée par le syndicat comme "une remise en cause des 35 heures" et qui concerne les techniciens et les journalistes de reportage, soit 4.000 salariés. "Ils veulent imposer des journées de 08h00 à 24h00 sans récupérations ni heures supplémentaires. Ce serait explosif!", a affirmé le responsable cégétiste.
La direction estime pour sa part qu'un "certain nombre de revendications formulées dans le préavis de grève ne peuvent pas faire l'objet d'un compromis". "Le remplacement systématique des départs à la retraite ou encore le report du calendrier des négociations au-delà de la date du 7 juin, fixée par la loi, ne sont pas envisageables", poursuit-elle. Direction et syndicats ont entamé en janvier des négociations pour une nouvelle convention collective, qui doivent aboutir avant le 7 juin.
Cette nouvelle convention entre dans le cadre de la loi réformant l'audiovisuel public qui a transformé France Télévisions, auparavant constituée d'une quarantaine de sociétés, en une entreprise commune. En mars 2008, un prévis de grève avait déjà menacé la couverture des élections municipales sur les antennes du groupe public.
La soirée s'était déroulée normalement mais il avait été précisé à l'antenne que l'émission avait été réalisée notamment par du personnel gréviste. TF1 a de son côté prévu une soirée électorale dimanche, de 19h30 à 21h00. (afp)


