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La cour d'assises du Limbourg s'est penchée une nouvelle fois mercredi sur l'enquête concernant la disparition et la mort d'Annick Van Uytsel en mai 2007, qui n'a pas permis d'arrêter l'accusé, Ronald Janssen, alors que son nom est apparu à plusieurs reprises dans le dossier.
Pour le troisième jour d'affilée, le commissaire de la police judiciaire fédérale André Allard et son collègue l'inspecteur Bart Van Uffel ont été appelés à la barre pour préciser encore leurs propos. Des différences entre leurs versions et celles d'autres enquêteurs ayant travaillé sur le dossier ont amené la cour à les convoquer une troisième fois.
Avant eux, des enquêteurs de la police de la zone West-Limburg (qui couvre Halen, la commune où Ronald Janssen était domicilé) étaient venus témoigner, après avoir été convoqués mardi soir en dernière minute.
L'enquêteur Kris Peeters, qui était passé en novembre 2009 de la police locale de West-Limburg à la police judiciaire fédérale de Hasselt, est venu expliquer qu'il avait consigné la plainte pour viol que la compagne de Ronald Janssen avait déposée contre celui-ci. Il a déclaré qu'il avait trouvé toutes sortes de singularités chez Ronald Janssen, notamment quand il a été pris sur le fait d'expédition punitive dans un camp scout. "Les jeunes lui auraient fait des gestes obscènes, ce qui lui aurait fait perdre la tête. Il est allé au camp pour se venger, et c'est là qu'on l'a interpellé. Sa voiture était cachée un peu plus loin, avec les clés dissimulées sous du sable ou des feuilles. J'ai trouvé ça étrange pour un prof", a-t-il expliqué.
Selon lui, il était clair que Ronald Janssen était suspect. Kris Peeters en avait marre que la police de Louvain ne suive pas sa piste. " D'avril à août 2008, nous avons reçu au sein de la police de la zone de West-Limburg tout de sorte d'éléments concernant Janssen qui nous paraissaient étranges. Nous avions le sentiment que rien ne bougeait à Louvain. Des rapports d'information avaient été transmis en 2008 aux enquêteurs de Louvain mais nous ne recevions aucun feedback", a-t-il dit.
"Je n'ai appris qu'en 2010 qu'ils avaient des traces ADN. Si nous avions su ça en 2009, nous aurions pu faire le lien plus vite et Ronald Janssen aurait été arrêté plus vite", a ajouté Kris Peeters.
Des analystes de Turnhout, qui ont réexaminé le dossier à la recherche de nouvelles pistes, n'ont pas relevé le nom de Ronald Janssen, car il portait la mention "déjà vérifié lors du screening ". "Nous avions confronté son profil à tous les éléments, et cela s'était révélé négatif", a commenté le commissaire André Allard.
Bart Van Uffel et ce dernier ont répété qu'ils avaient dû affronter une charge de travail colossale. Ils n'avaient pas, ont-ils souligné, les outils nécessaires pour traiter autant d'informations. "C'est un malheureux concours de circonstances, mais nous n'avons jamais sciemment refuser d'échanger nos informations. Il y a eu des lacunes, mais nous ne devons pas les exagérer et les étiqueter de bousillage", a réagi le commissaire Allard.
"Nous avions la gendarmerie et la police locale. Maintenant nous avons la police fédérale et locale. La graisse du moteur de la justice est la coopération entre ces services. Le moteur s'est-il grippé?" s'est interrogé Me Jef Vermassen, qui a pointé des problèmes de communication entre les services. (belga)


