Le procès Janssen a repris mercredi avec la plaidoirie de maître Jos Vander Velpen, avocat de la famille de Shana Appeltans, qui a rappelé l'horreur que Shana et Kevin ont dû subir.
Violée virtuellement
"Shana ne devait pas seulement mourir, elle devait être détruite. Ne parvenant pas à l'érection, il voulait la punir parce qu'il n'avait pas pu assouvir pleinement ses fantasmes. C'est pourquoi il a tiré les quatre balles qui restaient dans son arme, dont la dernière en direction de sa région pubienne. Kevin? Il devait disparaître car il éprouvait une jalousie maladive à son égard. Il voulait Shana, la désirait et l'avait déjà à plusieurs reprises violé virtuellement dans son esprit. Enfin, il les a simplement brûlés comme un tas de vieux déchets. A-t-il regretté une seule seconde? Pas du tout. C'est quelque chose qui dépasse notre conception. Nous avons des sentiments, un minimum de compassion et de regrets. Un psychopathe, comme Janssen, ne connaît pas ce genre de sentiments, de nature positive. Au contraire, il s'est senti plus brillant que jamais."
Douleur des familles des victimes
Me Vander Velpen a également fustigé l'attitude impassible de Janssen au cours du procès. "Jusqu'au jour d'aujourd'hui, il a tout mis en scène. Ce qui augmenté la tristesse des familles. Surtout les mots de sa mère, qui n'avait rien d'autre que du bien à raconter au sujet de son fils. Ces paroles ont été tellement blessantes pour les familles des victimes. Je ne m'en prends pas à la mère de Janssen, non, c'est sa faute à lui, car c'est lui le metteur en scène. Presque tous les membres de la famille des victimes se sont adressés à lui au cours du procès en l'appelant 'monsieur' et en lui demandant pourquoi. Mais, comme l'a expliqué maître Vermassen, un psychopathe comme Janssen ne connaît pas de sentiments positifs. Je ne serais pas étonné d'apprendre qu'il jouisse à l'heure actuelle encore des actes horribles qu'il a commis."
Comme un air de l'affaire Dutroux
Enfin, l'avocat a encore rappelé l'enquête contestable des enquêteurs de Louvain. "Je suis persuadé qu'ils ont travaillé très dur et ont dû faire de nombreuses heures supplémentaires pour identifier l'auteur des faits. Mais on ne peut nier qu'ils ont laissé passer plusieurs chances. Lorsque j'ai parcouru le dossier, j'ai été attristé, ayant l'impression d'être replongé dix ans plus tôt, lors de la discussion au sujet des erreurs commises dans l'affaire Dutroux." (belga)


