La défense du DHKP-C plaide l'arrêt du procès
La cour d'appel de Bruxelles a entamé lundi matin le procès contre six membres de l'organisation turque d'extrême gauche DHKP-C, suspectés d'appartenance à une organisation terroriste, à une organisation criminelle et à une association de malfaiteurs.
Les suspects nient les faits. Dès le début des débats, la défense a soulevé quatre arguments en vue de la suspension, voire de l'arrêt du procès. Les méfaits qui sont reprochés aux suspects seraient des délits politiques. La citation à comparaître en justice serait imprécise, une enquête supplémentaire serait nécessaire et l'Etat turc ne pourrait pas intervenir en tant que partie civile. Ces arguments sont rejetés par le parquet fédéral.
Les six suspects poursuivis sont Fehriye Erdal, Musa Asoglu, Kaya Saz, Bahar Kimyongür, Sükriye Akar Özordulu et Zerrin Sari. Lors de précédentes étapes judiciaires, à Bruges, à Gand et à Anvers, Dursun Karatas avait aussi été poursuivi mais l'homme est décédé depuis.
Les avocats des suspects ont avancé lundi une série d'arguments devant mener à la suspension, voire à l'arrêt du procès. C'est ainsi qu'ils ont souligné l'imprécision des citations à comparaître devant la justice. Les faits reprochés aux prévenus relèveraient en outre du délit politique, et donc de la cour d'assises, ce que rejette le parquet fédéral.
Le dossier serait par ailleurs incomplet, un certain nombre de faits devant encore être vérifiés en Turquie. Selon la défense, si le juge d'instruction brugeois a limité son enquête à des faits qui se sont produits en Belgique, le parquet fédéral a voulu faire du dossier un dossier terroriste en établissant des liens avec des attaques perpétrées en Turquie. "Nous apprenons à présent qu'on nous reproche certaines attaques en Turquie mais lorsque nous demandons des éclaircissements au sujet de ces attaques, le parquet fédéral refuse de mener l'enquête", a plaidé un avocat.
"L'Etat turc, qui s'est constitué partie civile dans le cadre du procès, est venu avec une liste d'attaques qui auraient été perpétrées par le DHKP-C et de personnes qui auraient reçu des instructions de nos clients", ont encore souligné les avocats de la défense. "Le parquet fédéral a repris cette liste mais lorsque nous demandons que les personnes dont les noms figurent sur cette liste soient entendues, nous essuyons des refus", ont-ils ajouté, estimant que dans de telles circonstances, un procès équitable est impossible. (belga)