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L&H : "Thomas Denys n'était pas au courant de tout"

Thomas Denys (39 ans) n'était pas le conseiller juridique omniprésent et au courant de tout de Jo Lernout et Pol Hauspie, a plaidé sa défense, jeudi devant la cour d'appel de Gand où se poursuit le procès sur la faillite frauduleuse de l'entreprise de technologie vocale.

L'avocat Thomas Denys est un des deux prévenus qui, outre les autres chefs d'inculpation, doivent répondre de délit d'initié. Membre depuis 1992 du bureau d'avocats Claeys Verbeke, le prévenu a été chargé à partir de 1994 du suivi des dossiers importants de L&H. En septembre 1999, il est devenu Chief Operating Officer chez Lernout & Hauspie Investment Company (LHIC), une société qui investissait dans d'autres entreprises technologiques. Durant cette période, il a également détenu des mandats dans une dizaine de sociétés, ce qui l'amenait à passer la moitié de son temps à l'étranger.

Début 2000, il a été engagé comme conseiller externe chez Dragon et Dictaphone, des sociétés rachetées par le groupe. Selon son avocat, le fait qu'il ait vécu le déclin de L&H, en collaborant même au plan de redressement élaboré en vue de l'obtention du concordat, donne de lui une image fausse. Les fondateurs de la société l'ont traité d'opportuniste et Paul Hauspie n'a pas mâché ses mots à son égard, lui reprochant de n'avoir rien fait pour sauver l'entreprise. Il n'aurait été intéressé que par l'argent. Et c'est cette fausse image véhiculée au cours de l'enquête qui le poursuit encore aujourd'hui, a relevé la défense.

Selon celle-ci, le concept des Language Development Companies (LDC) était irréprochable sur le plan juridique. C'est lors de l'application de ce concept que les choses ont mal tourné, selon l'avocat. Et dans cette phase d'application, le nom de Thomas Denys n'apparaît nulle part, a encore plaidé la défense. Thomas Denys n'était pas l'important homme de confiance de la direction, tel qu'il est décrit, comme le prouve son absence à toutes les réunions confidentielles, notamment au domicile de Louis Verbeke. De plus, il n' a été présent qu'à une partie des réunions du conseil d'administration.

Evoquant des échanges de courriels, la défense de Thomas Denys a reproché au ministère public de leur donner un éclairage particulier.
Ni l'argent, ni les efforts n'ont été épargnés dans cette enquête, mais c'était cependant trop demander que de vérifier des choses élémentaires, a laissé tomber un des conseils du prévenu, Me Tim Van Hoogenbemt. Comme d'autres plaideurs, la défense de Thomas Denys a encore dénoncé les lacunes dérangeantes de cette enquête. (belga)

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