KPMG a utilisé des techniques d'audit classiques
Le réviseur KPMG a utilisé des techniques d'audit tout à fait normales pour contrôler L&H, a plaidé ce lundi devant la cour d'appel de Gand l'avocat du réviseur.
Au cours de cette seconde journée de plaidoirie, Me Jozef Lievens s'est inscrit en faux contre le ministère public qui, dans son réquisitoire, avait prétendu que KPMG avait tout fait pour que le chiffre d'affaires des LDC soit repris dans les comptes de L&H.
Le réviseur a demandé à plusieurs reprises au management de L&H des lettres de confirmation afin d'obtenir des assurances sur des problèmes précis, qu'en tant que réviseur, il ne pouvait contrôler. Cela a notamment été le cas pour être certain que les LDC (Language Development Companies) n'étaient pas des "related parties", a dit l'avocat.
"C'est une technique tout à fait courante. En tant que réviseur, nous voyons le contrat avec les LDC mais nous ne pouvons pas vraiment vérifier qui est derrière leur financement. Si nous l'avions demandé aux LDC, on nous aurait envoyé promener", a dit l'avocat. C'est pourquoi, a-t-il poursuivi, KPMG a demandé au top management de L&H une confirmation du fait que les investisseurs de LDC n'avaient pas de liens avec L&H.
Dans une autre lettre de confirmation, KPMG a demandé aux dirigeants de L&H qu'ils lui assurent qu'il n'y avait même pas de liens indirects. Il y en avait dans les LDC turques et dans Capital Union. "En tant que réviseur, on voit les contrats mais ces liens indirects étaient cachés dans la valise de Willaert. Un millier de réviseurs n'auraient pu les trouver", a dit l'avocat.
Me Lievens a dénoncé le "simplisme" du ministère public. "On fait comme si rien n'avait été contrôlé. Cela ne correspond pas avec les 3.300 heures que les réviseurs ont consacré en Belgique à L&H", a souligné l'avocat.
Me Lievens s'est exprimé sur le soutien que L&H a apporté aux LDC. Il s'est appuyé sur un rapport d'expert qui a dit que l'éventuel soutien apporté par L&H à ces LDC ne posait pas de problèmes.
Me Jozef Lievens a enfin balayé l'affirmation selon laquelle les outils logiciels qui étaient fournis aux LDC ne fonctionnaient pas. "Un réviseur ne doit pas s'exprimer sur l'aspect technologique. Le réviseur d'Omega Pharma doit-il vérifier la qualité des médicaments?", s'est interrogé l'avocat. (belga)