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LHSP : l'investisseur a été influencé par l'euphorie boursière

Les quelques 18.000 parties civiles constituées au procès de la fraude relative à la société de technologie vocale faillie L&H ne se sont pas laissées guider par une analyse des chiffres et des comptes annuels de LHSP, mais par le climat boursier euphorique et l'enthousiasme dont faisait l'objet l'IT à cette période, a plaidé jeudi le conseil du réviseur KPMG, qui a demandé à la cour d'appel de Gand d'acquitter son client.

Parmi les parties civiles figurent les défenseurs des petits actionnaires Deminor et Spaarverlies, mais aussi des banques, les curateurs belge et américain de la société faillie, et les investisseurs individuels qui se sont manifestés en cours d'enquête ou durant le procès. Selon le conseil de KPMG, Me Wim Goossens, nombre de parties civiles ne réussissent pas à étoffer solidement leur dossier ni à démontrer la base juridique qui leur donnerait droit à une indemnisation. "Ils ont une vision très populiste: J'ai perdu de l'argent, des fautes ont vraisemblablement été commises, voici mon dommage que je veux voir réparé. On retrouve ce raisonnement partout", a-t-il déclaré.

Le raisonnement des parties civiles se fonde sur deux axiomes erronés, a estimé Me Goossens. La première erreur est d'affirmer qu'une faute de KPMG a causé la faillite de L&H. "C'est incorrect. Le tribunal de commerce d'Ypres lui avait accordé le concordat en 2001. Ce n'est pas la fraude qui a provoqué la faillite, mais bien l'annulation du prêt de 445 millions de dollars qu'un consortium de banques avait consenti lors de la reprise de Dictaphone" par L&H, a-t-il affirmé.
Il est aussi faux de prétendre, d'après lui, que les investisseurs ont tenu compte des communiqués de presse approuvés par KPMG ou des comptes annuels de la société. Et de rappeler le climat d'euphorie qui entourait à l'époque l'IT (Information Technology); un peu plus de deux mois après l'entrée en Bourse de L&H, la valeur de son action avait triplé.

Toute reprise -même celle de la société endettée Dictaphone- ou tout investissement était accueillis de manière lyrique et poussait l'action à la hausse. De nombreux investisseurs ont même acheté des actions après le 21 septembre 2000, jour de l'annonce officielle de l'ouverture d'une enquête par le gendarme américain de la Bourse, SEC, sur les chiffres d'affaires déclarés par L&H. "Ce jour-là, la banque KBC recommandait encore l'achat d'actions L&H, et une semaine plus tard, il était conseillé de garder l'action en portefeuille. En novembre 2000, des personnes disposant d'une 'grande autorité morale' -je ne les citerai pas- affirmaient encore soutenir L&H et indiquaient que c'était le moment d'acheter. C'est cela qui a influencé l'investisseur, pas les comptes annuels", a plaidé Me Goossens.

Par ailleurs, il a rappelé la loi du 30 décembre 2005 qui limite la responsabilité civile du réviseur à un montant de 12 millions d'euros maximum pour les missions légales exercées auprès d'une société cotée. En cas de condamnation de KPMG, cette loi lui est applicable, a souligné le conseil. (belga)

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