Les administrateurs de L&H Pol Hauspie et Nico Willaert n'ont jamais expliqué à la banque Artesia (aujourd'hui Dexia) la raison pour laquelle ils ont refusé, à l'automne 1998, de se porter personnellement garants pour un crédit de 5,2 millions d'euros accordé à la société Radial, a déclaré mardi la défense de Dexia devant la cour d'appel de Gand, qui juge un dossier de fraude lié à l'entreprise de technologie vocale L&H.
Dexia avait plaidé lundi la bonne foi concernant ce crédit, dans lequel le ministère public voit une technique comptable ayant permis de cacher les liens entre les administrateurs de L&H et les LDC (Language Development Companies). "Il n'était pas question de la SEC (le régulateur des marchés boursiers américains) ni de l'US GAAP (les principes comptables américains), a assuré mardi Me Hans Rieder dans la suite de sa plaidoirie entamée la veille.
Garante
Dexia, qui a repris Artesia en 2002, est poursuivie pour l'octroi de trois crédits-ponts à L&H et certaines de ses filiales. Un de ces crédits concerne la société Radial, nouvellement créée à l'époque, qui souhaitait investir dans des LDC. Selon le ministère public, Artesia a veillé à cacher au monde extérieur que la direction de L&H se portait garante pour ces trois crédits-ponts.
Ce n'est qu'après le paiement du crédit que la banque a été prévenue que MM. Hauspie et Willaert ne voulaient pas se porter personnellement caution. Le contrat de crédit était déjà conclu et faisait référence à un cautionnement, lequel n'avait toutefois pas encore été signé.
Remplacement
Artesia, "qui voulait mener ses affaires bancaires de manière orthodoxe", selon la défense, a résolu le problème en remplaçant la caution personnelle par un "credit default swap", un contrat financier bilatéral assurant le risque de crédit.
Artesia ignorait pourquoi la direction de L&H avait manoeuvré ainsi, a affirmé la défense, qui a critiqué la manière dont le dossier avait été monté. Selon elle, n'importe quelle instance de contrôle, la SEC par exemple, pouvait savoir quelles personnes physiques se trouvaient derrière le "credit default swap".


