Les islamistes reculent sur la charia en Tunisie

sauvegarder
Par: rédaction
27/03/12 - 17h49  Source: belga.be
Rached Ghannouchi © ap.

Le camp moderniste tunisien a estimé mardi que le parti islamiste Ennahda avait "enfin" "levé l'ambiguïté" en renonçant à l'inscription de la charia dans la Constitution, se félicitant que les "faucons" du parti aient été mis en minorité.

En annonçant son soutien au maintien de l'article premier de la Constitution tunisienne de 1959, Ennahda, parti dominant à l'Assemblée constituante, a renoncé à l'inscription de la charia dans la future Constitution, se sont réjouis des responsables politiques issus du camp "moderniste".

"La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain: sa religion est l'islam, sa langue l'arabe et son régime la république", stipule cet article, suffisamment ambigü, selon les juristes, pour garantir à la fois le caractère séculier de l'Etat et son identité islamique.

Un débat houleux était engagé depuis un mois à l'Assemblée nationale constituante entre les tenants --majoritairement islamistes-- de l'inscription de la charia dans la future constitution, et ceux qui y voyaient la porte ouverte à une théocratie.

Le débat a largement débordé dans la rue, et les manifestations d'islamistes --dont la dernière, dimanche, a réuni plus de 8.000 personnes à Tunis-- et celles de "modernistes" se succèdent quasiment toutes les semaines.

L'article premier "fait l'objet d'un consensus entre toutes les composantes de la société, préserve l'identité arabo-musulmane de la Tunisie et garantit aussi les principes d'un Etat civil et démocratique", a déclaré lundi le chef historique du mouvement Ennahda, Rached Ghannouchi.

"On ne va pas avoir recours à la loi pour imposer la religion", a-t-il dit, soulignant que la charia restait encore une "notion floue pour l'opinion publique".

La veille, le comité constitutif d'Ennahda avait tranché en faveur du maintien de l'article premier par 52 voix contre 12.

"C'est une levée de l'ambiguïté, un engagement politique de premier niveau qui va nous permettre d'avancer dans la rédaction de la constitution", a déclaré à l'AFP Meher Hanin, un responsable du Parti démocrate progressiste (PDP, opposition).

 

 

Votre impression sur cet article?

Votre avis nous intéresse!


Plus d'infos sur