Pour une protection de Hirsi Ali
La Haye a réagi laconiquement sur une éventuelle naturalisation française de l'ancienne députée néerlandaise d'origine somalienne Ayaan Hirsi Ali, et se dit prête à étudier la création d'un fonds européen de protection de personnes menacées, a-t-on appris lundi.
Proposition étudiée"Nous sommes prêt à étudier une proposition de fonds européen de protection des personnes menacées. En attendant, les Pays-Bas continuent de protéger les personnes lorsque c'est nécessaire", a déclaré Bart Rijs, porte-parole du ministre néerlandais des Affaires étrangères Maxime Verhagen. Quant à la question d'une éventuelle naturalisation d'Ayaan Hirsi Ali, il a estimé qu'il "s'agit d'une affaire privée", et n'a fait aucun commentaire.
RassemblementDimanche à Paris, pendant un rassemblement de solidarité, la Secrétaire d'Etat française aux Droits de l'Homme Rama Yade a assuré la députée que "nous réfléchissons à la manière de vous faire accéder à la France, à la naturalisation". Dans un message personnel lu sur place, le président français Nicolas Sarkozy se disait déterminé "à agir avec les Européens pour que se mette en place un fonds communautaire pour assurer la protection des personnes menacées", lorsque la France prendra la présidence de l'Union européenne au 2e semestre 2008.
Menacée de mortL'ancienne députée néerlandaise Ayaan Hirsi Ali est menacée de mort depuis l'assassinat en 2004 du réalisateur Théo Van Gogh avec qui elle avait réalisé un film sur les femmes et l'islam, et vit depuis plusieurs années sous protection policière. Le gouvernement néerlandais a cessé en octobre de financer sa protection hors de son territoire.
ExilMme Hirsi Ali vit depuis 2006 aux Etats-Unis, où elle s'est volontairement exilée après une polémique sur des mensonges qu'elle a avoué avoir proférés sur son nom et son âge, pour obtenir le statut de réfugié politique aux pays-Bas. Mme Hirsi Ali se rendra jeudi à Bruxelles, tandis qu'une soixantaine de députés européens tentent d'obtenir les 393 signatures nécessaires pour déposer un texte devant le Parlement européen visant à obtenir le financement de sa protection rapprochée. (afp/7sur7)