Recep Tayyip Erdogan.
La reine Rania de Jordanie en compagnie de l'épouse du premier ministre turc, Emine Erdogan devant la Mosquée Bleue à Sultanahmet (Istanbul).
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé mardi le verdict de la Cour constitutionnelle qui a invalidé un amendement qui levait l'interdiction de porter le foulard islamique dans les universités, affirmant qu'il était "contraire à la volonté nationale".
"Bloquer la volonté du Parlement est une attitude contraire à la volonté nationale", a-t-il dit lors d'une réunion du groupe parlementaire de son Parti de la justice et du développement (AKP). Son discours a été retransmis à la télévision. Sa formation issue de la mouvance islamiste a fait passer en février un amendement à la loi fondamentale légalisant le port du foulard sur le campus, une révision très contestée par le camp laïc.
Les juges de la Cour constitutionnelle l'ont annulé vendredi dernier, arguant qu'il était contraire aux principes immuables de la constitution définissant le caractère laïc du régime turc. M. Erdogan qui intervenait pour la première fois publiquement depuis vendredi, a dénoncé une atteinte aux pouvoirs du Parlement où la révision a été votée à une grande majorité. "Le pouvoir législatif appartient uniquement à l'Assemblée nationale. Personne ne peut lui retirer ce pouvoir et se mettre à la place des législateurs", a souligné M. Erdogan, longtemps ovationné par ses députés.
La Cour constitutionnelle a pris une décision sur le fond d'une loi alors que la constitution stipule clairement qu'elle doit se cantonner à des questions de procédure, a estimé le Premier ministre. L'AKP, au pouvoir depuis six ans, est accusé par une partie de la population d'islamiser la société en Turquie, pays à grande majorité musulmane mais laïc. (belga)


