L'ONU et le gouvernement irakien ont annoncé mardi le lancement d'un plan conjoint d'assistance au retour des réfugiés et déplacés en Irak. "A la demande du gouvernement, la Mission de Nations Unies en Irak (UNAMI) soutiendra les efforts des autorités pour organiser et mettre en oeuvre les retours volontaires des Irakiens", indique un communiqué de l'organisation onusienne. Selon "de premières indications", près de 50.000 Irakiens, 40.000 réfugiés et 10.000 déplacés, sont à ce jour rentrés chez eux, en majorité à Bagdad et ses alentours. L'UNAMI et le gouvernement ont mis en place un "Plan de réponse rapide" qui a débuté ce mardi, explique le communiqué.
La mission onusienne contribuera à hauteur de onze millions de dollars à ce plan qui vise à assister 5.000 familles, soit environ 30.000 personnes, avec un paquet d'aide au retour. "Certains profitent de cette amélioration pour rentrer et nous devons les aider", a commenté au cours d'une conférence de presse le chef de l'UNAMI et envoyé spécial de l'ONU en Irak, Staffan de Mistura. Lundi, le Croissant rouge irakien avait estimé le nombre de réfugiés Irakiens de retour d'exil depuis la Syrie entre 25.000 et 28.000 depuis le 15 septembre. Les autorités irakiennes estiment le nombre total des candidats au retour à environ 60.000, venus essentiellement de Syrie et dans une moindre mesure de Jordanie.
Elles y voient la conséquence de l'amélioration des conditions de sécurité à Bagdad et dans d'autres provinces depuis le lancement en février 2007 d'une vaste offensive de l'armée américaine. A grand renfort de publicité et d'incitations diverses (primes au retour, convois organisés, protection de l'armée sur les routes...), Bagdad multiplie les initiatives pour encourager ce phénomène. Les agences de l'ONU, le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) en particulier, mettaient cependant en garde contre tout retour précipité, jugeant la situation sécuritaire volatile et imprévisible.
"Il ne s'agit pas de retour massif", a observé mardi le patron de l'Unami, rappelant que l'ONU n'encourage pas les retours en raison des conditions de sécurité actuelles. "Il y a indiscutablement une amélioration de la situation en Irak" et plus particulièrement "dans certains quartiers de Bagdad", a estimé M. de Mistura. "Des gens ont choisi de rentrer. Dans ce cas, nous sommes censés aider et c'est ce que nous faisons avec le ministère" des Migrations, a-t-il expliqué. "Le fait que des gens rentrent est une indication positive (...) Mais le HCR ne dira jamais aux gens de rentrer à moins que la situation ne le permette, le HCR n'appuie en aucun cas un retour massif", a ajouté le représentant de l'ONU. (belga)


