L'incendie d'une mosquée de Cisjordanie imputé par les Palestiniens à des colons juifs extrémistes "menace les efforts de paix" et la reprise du dialogue avec Israël, a déclaré mardi le président palestinien Mahmoud Abbas.
Un incendie plus que suspect dans les circonstances actuelles
"Le président Abbas condamne l'incendie d'une mosquée à Al-Loubban al-Charquiya par des colons extrémistes et considère que la responsabilité en incombe au gouvernement israélien parce que l'armée protège les colons", a indiqué le bureau de M. Abbas dans un communiqué. "Cette attaque criminelle menace les efforts pour relancer le processus de paix", a ajouté le communiqué.
L'émissaire américain pour le Proche-Orient George Mitchell a commencé mardi une nouvelle mission au Proche-Orient en vue de lancer des négociations indirectes entre Israéliens et Palestiniens. Une mosquée a été partiellement détruite mardi avant l'aube par un incendie dans le village d'Al-Loubban al-Charquiya, au nord de Ramallah.
"Des colons étaient derrière ce crime"
Le sinistre a été attribué par les responsables locaux palestiniens à des colons juifs. "Nous avons enquêté sur l'incendie de la mosquée et nous avons finalement découvert que des colons étaient derrière ce crime", a affirmé Ghassan Paghlas, un officiel palestinien qui surveille les activités des colons juifs en Cisjordanie.
"Nous avons informé le président Abbas et il est très en colère en raison de ce nouveau crime des colons. Il a ordonné de rebâtir la mosquée immédiatement", a ajouté M. Paghlas.
L'armée israélienne a confirmé qu'une enquête était en cours
Selon des enquêteurs israéliens sur place, le sinistre pourrait toutefois être dû à un court-circuit. L'armée israélienne a confirmé qu'une enquête était en cours, en coordination avec les autorités palestiniennes, à la suite d'une plainte déposée auprès de l'administration militaire israélienne en Cisjordanie, afin de déterminer si l'incendie est d'origine criminelle ou accidentelle.
Des responsables locaux palestiniens ont indiqué que les autorités israéliennes les avaient avertis lundi de la possibilité d'une attaque de colons en représailles à la démolition par l'armée de six constructions illégales dans la colonie de Shavei Shomron, près de Naplouse.
Les colons se vengent d'Israël sur les Palestiniens
"Nous avons été avertis officiellement que des colons pourraient essayer d'attaquer des maisons palestiniennes à cause de la démolition de maisons (juives) construites sans permis", a déclaré à l'AFP le gouverneur de Naplouse (nord), Jibril al-Bakri.
Al-Loubban al-Charquiya est situé près des colonies juives d'Eli, de Maalé Nevona et de Shilo. Le 14 avril, des colons ont vandalisé une mosquée dans la localité d'Houwara, près de Naplouse. Ils avaient écrit le nom en hébreu du prophète Mahomet assorti de l'étoile de David, symbole du judaïsme, sur l'un des murs du lieu de culte.
Politique du "prix à payer"
Des colons extrémistes pratiquent depuis des mois une politique de représailles systématiques -dite du "prix à payer"- qui consiste à attaquer des cibles palestiniennes chaque fois que les autorités israéliennes prennent des mesures qu'ils considèrent comme allant à l'encontre de la colonisation.
Afin de tenter d'empêcher des exactions antipalestiniennes, les autorités israéliennes ont mis sur pied en avril une unité spéciale de garde-frontières stationnée dans le nord de la Cisjordanie.
Les colons rarement inquiétés
Le 20 avril, date anniversaire de la création de l'Etat d'Israël, des colons avaient été empêchés par l'armée de pénétrer dans un village palestinien proche de la colonie de Yitzhar, dans la région de Naplouse.
Les colons avaient lancé des pierres sur les soldats dont un avait été légèrement blessé. Ensuite, sept colons avaient été interpellés à Yitzhar, un bastion des colons les plus extrémistes, par la police israélienne. Ils ont tous été relâchés.


