Des experts français s'interrogent sur l'assaut israélien

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Par: rédaction
31/05/10 - 20h17

Des experts français des unités spéciales s'interrogent sur l'ampleur des moyens employés lors de l'assaut israélien contre une flottille en route vers Gaza, expliquant qu'en France le recours à la force doit être gradué et proportionnel à la résistance rencontrée.

Pas assez d'informations dispobnibles
Refusant de se prononcer, faute d'informations fiables et suffisantes, sur l'attaque israélienne, ils expliquent que le mode opératoire français est, dans des cas similaires, de n'aborder le bateau-cible qu'en dernier recours, après avoir multiplié les avertissements et les mises en garde.

"Le bilan est relativement lourd: y a-t-il eu cette gradation au niveau des moyens employés ou les commandos israéliens ont-ils directement employé des armes létales ?" demande Olivier Halloui, ancien de la Marine, aujourd'hui directeur des opérations de la société de sûreté maritime Surtymar.

"La riposte doit être graduée et limitée au strict nécessaire"
Il ajoute que "la logique de l'emploi des armes répond à la question de la légitime défense: la riposte doit être graduée et limitée au strict nécessaire". "Si vous êtes pris à partie par le feu, vous répondez par le feu. Ce qui est compliqué dans cette affaire de Gaza, c'est que ce n'est visiblement pas une affaire de nature terroriste au départ".

"Quand c'est de la piraterie ou du terrorisme, les choses sont plus claires, on sait à qui on a affaire: si quelqu'un utilise une arme, il s'expose à un tir de légitime défense", ajoute-t-il.

"Moyens intermédiaires"
"Avant de monter à l'assaut, il y a des moyens intermédiaires: les tirs de semonce, les sommations pour dire N'allez pas plus loin !, les tirs d'intimidation, les passages d'avions", assure un spécialiste haut placé de la lutte anti-terroriste, qui demande à rester anonyme.

"L'assaut est la phase ultime, en dernier recours, car la plus risquée. Ce n'est jamais quelque chose de facile à conduire, surtout sur l'eau. Dans ces cas-là, on combine l'emploi d'hélicoptères, avec dépose d'hommes à partir de cordes, et l'assaut nautique, avec des grappins et des échelles permettent de monter à bord", poursuit-il.

Olivier Halloui se souvient "d'abordages parfois assez violents de pêcheurs espagnols qui pêchaient dans des zones interdites par les commandos de marine français, dans les années 90".

Une action de police contre des civils qui tourne en raid militaire
"C'étaient des navires civils, donc c'étaient des actions de police: il doit y avoir une gradation dans les moyens utilisés. On utilise d'abord des armes non-létales, comme du gaz lacrymogène, des balles caoutchouc, et, selon l'engagement, la montée en puissance et le type de résistance que l'on trouve en face, on monte vers des armes létales", ajoute-t-il.

Il a en mémoire des "cas de résistances violentes de la part des pêcheurs espagnols: ils avaient des gaffes, des armes blanches pouvant être mortelles, des projectiles (...) Il y a eu des blessés parmi les commandos français". (afp/th)

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