Trente-cinq pères de famille ashkénazes ultra-orthodoxes qui refusaient d'envoyer leurs filles à l'école avec des séfarades malgré une décision de la Cour suprême israélienne ont passé leur première nuit en prison, a-t-on appris vendredi de source policière.
"Nous attendrons la décision de tribunal avant d'agir"
Dans le même temps, un tribunal qui devait statuer sur le sort de 22 mères d'élèves ashkénazes de l'école religieuse de la colonie juive d'Immanuel (Cisjordanie occupée), a ajourné ses débats à dimanche, selon la radio publique et un site internet des colons. Ces 22 mères, poursuivies pour le même motif, réclamaient une dispense de leur peine de prison pour raisons familiales.
"Nous attendrons la décision de tribunal avant d'agir", a déclaré à l'AFP Micky Rosenfeld, porte-parole de la police israélienne. Les 35 pères qui se sont rendus au QG de la police à Jérusalem jeudi soir ont été incarcérés dans la prison de Maasiyahu à Ramlé (centre d'Israël), quatre autres ne s'étant pas encore présentés, a précisé M. Rosenfeld.
"Pas de racisme" mais des "différences de tradition religieuse"
Les parents ashkénazes de l'école pour filles, appartenant au groupe hassidique Slonim, d'origine russe, refusent que leur progéniture aille en classe avec des fillette séfarades malgré l'arrêt de la Cour suprême imposant l'accueil de toutes les élèves, sans distinction. Ils ont retiré leurs filles de l'école et doivent en conséquence purger deux semaines de prison.
La scolarisation des enfants est obligatoire dans le système israélien. Ces familles se défendent d'être racistes et expliquent leur position par des différences entre les traditions religieuses séfarades et ashkénazes. Les ashkénazes sont originaires d'Europe centrale et de l'Est et les séfarades sont d'origine orientale.
Cette affaire a donné lieu jeudi à des manifestations rassemblant plus de 100.000 juifs religieux en Israël qui ont pour fustigé "l'ingérence" de la Cour suprême dans leur vie et affirmé la primauté de la Torah sur la loi civile. (afp/th)


