Sous les vivats de la foule, le père du soldat israélien Gilad Shalit a entamé dimanche une longue marche pour presser le gouvernement de conclure un accord sur un échange de prisonniers et obtenir la libération de son fils, détenu par le Hamas depuis quatre ans. "J'appelle tout le monde à nous rejoindre et à marcher avec nous. Nous ne reviendrons ici qu'avec Gilad", clame-t-il.
A Mitzpé Hila, localité du nord d'Israël où réside la famille Shalit, c'est l'effervescence. Des milliers de personnes venues de tout le pays soutiennent les parents du soldat. Rubans et ballons jaunes, t-shirts et casquettes à l'effigie du jeune soldat, drapeaux d'Israël, banderoles appelant à sa libération immédiate: la foule attend que Noam Shalit donne le départ de la marche vers le kibboutz Kabri, où doit se dérouler une première cérémonie prévue par les organisateurs.
Devant les caméras, le père du soldat ferme la porte de sa maison à clé. Accompagné de son épouse Aviva et de leur fils Yoël, il s'avance vers une petite estrade dressée devant la mairie. "On parle beaucoup de la rançon à verser pour en échange de Gilad, mais depuis quatre ans, c'est lui qui paie le prix car il n'a pas vu la lumière du jour", dit-il.
A ces mots, les manifestants entament leur marche, dans le calme, sur la route bordée d'arbres. "Chacun doit penser que Gilad pourrait être son fils", déclare Ahmad Taoun, 48 ans, un druze du village voisin de Kfar Yassif, qui a pris une journée de congé pour exprimer sa solidarité. "Participer à cette marche, c'est le geste minimum que tout le monde peut faire", ajoute-t-il.
Une grande partie des habitants de Mitzpé Hila sont aussi là, comme Oudi Heyman, enseignant à l'Université de Tel-Aviv, venu avec sa famille, notamment ses petites filles âgées de 5 et 8 ans. Des dizaines de policiers encadrent la marche, qui doit se prolonger pendant 12 jours, avec des étapes marquées par des cérémonies. "On ne veut plus attendre ici, nous allons marcher jusqu'à Jérusalem pour réclamer du Premier ministre (Benjamin Netanyahu) qu'il ramène Gilad chez lui", affirme Noam Shalit.
Depuis quatre ans, il a multiplié les rencontres officielles, notamment avec les autorités françaises, son fils étant aussi détenteur de la nationalité française. A l'issue de la marche, la famille Shalit entend s'installer dans une tente près de la résidence officielle du Premier ministre à Jérusalem jusqu'à la libération du soldat.
"Le gouvernement poursuit ses efforts permanents pour amener à la libération de Gilad Shalit", a déclaré dimanche M. Netanyahu, avant d'appeler la communauté internationale à le soutenir. Le Premier ministre s'est par ailleurs engagé à recevoir la famille Shalit dans sa résidence dès leur arrivée à Jérusalem, le 8 juillet.
Le chanteur israélien Shlomo Artzi, auteur d'une chanson dédiée au jeune soldat, a appelé ses compatriotes dans une tribune publiée dimanche à la une du quotidien Yediot Aharonot, "à rallier la marche de la liberté pour Gilad, qui est notre fils à tous".
Gilad Shalit, 23 ans, est privé de tout contact avec le monde extérieur depuis sa capture le 25 juin 2006 par un commando palestinien. Israël et le mouvement palestinien Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, se rejettent la responsabilité de l'échec des négociations sur un échange de prisonniers, menées via l'Egypte et un médiateur allemand.
Près des trois quarts des Israéliens se disent favorables à un échange de "centaines de terroristes, y compris des meurtriers" contre le soldat Shalit, selon un sondage publié vendredi par le quotidien Yediot Aharonot. (afp)


