Olmert et Abbas mettent leurs désaccords en sourdine

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Par: rédaction
27/12/07 - 18h53

Le Premier ministre israélien Ehud Olmert et le président palestinien Mahmoud Abbas ont décidé jeudi de mettre en sourdine leurs désaccords bloquant les négociations de paix, à l'approche d'une visite du président américain George W. Bush en janvier.

Les deux dirigeants qui se retrouvaient à Jérusalem pour la première fois depuis la réunion de paix organisée fin novembre à Annapolis (Etats-Unis) où ils ont officiellement relancé des pourparlers dans l'impasse depuis sept ans, sont convenus d'éviter les actes susceptibles de compromettre un règlement.

Colonisation
La colonisation, pierre d'achoppement des deux dernières rencontres entre les équipes de négociateurs israéliens et palestiniens, a été une fois de plus au centre des discussions, sans que l'Etat hébreu n'annonce un arrêt total de la construction en territoire occupé. Mais les responsables des deux bords ont laissé transparaître plus d'optimisme qu'au cours des dernières semaines. "Les deux parties se sont mises d'accord pour ne prendre aucune mesure pouvant porter préjudice aux questions devant être abordées lors des négociations sur le statut final telles que Jérusalem, les colonies, les frontières, l'eau, les réfugiés et la sécurité", a déclaré Saëb Erakat, l'un des négociateurs palestiniens, à l'issue de la rencontre.

M. Abbas "a insisté sur la nécessité de cesser toute activité de colonisation en vue de lever les obstacles et faciliter les négociations", a-t-il ajouté. Faisant preuve d'un optimisme inhabituel, le chef de l'équipe des négociateurs palestiniens Ahmad Qoreï a assuré que "des mesures (seront) prises sur le terrain par les Israéliens pour appliquer leurs engagements stipulés dans la Feuille de route". Ce plan adopté en juin 2003 mais resté lettre morte prévoit dans sa première phase un gel de la colonisation israélienne et un arrêt immédiat des violences palestiniennes. "Cette rencontre a été meilleure que les précédentes", a ajouté M. Qoreï.

De son côté, un haut responsable israélien a assuré sous couvert de l'anonymat que les "problèmes qui bloquaient les pourparlers ont été dissipés". Toutefois, M. Olmert s'est refusé "à geler des appels d'offres déjà publiés et en cours de réalisation", a poursuivi ce responsable en référence à la construction de centaines de logements dans le quartier de colonisation d'Har Homa (Jebel Abou Ghneim en arabe), situé à Jérusalem-est. Israël, qui s'est attiré de vives critiques de Washington, considère Har Homa comme partie intégrante de son territoire.

Nouvelle rencontre
Selon les deux parties, Messieurs Abbas et Olmert se rencontreront à nouveau dans les prochains jours. Washington a accentué sa pression sur Israël et les Palestiniens après deux rencontres infructueuses. La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice s'est entretenu avec les deux dirigeants avant leur rencontre et les a exhortés à éviter "un échec".

A peine relancées après Annapolis, les négociations se sont heurtées à la question des colonies juives, les Palestiniens refusant d'entamer des pourparlers sur le statut final de leur Etat tant qu'Israël ne stoppera pas les nouveaux projets de construction en Cisjordanie et à Jérusalem-est. Mais, pour la première fois depuis sept ans, l'administration américaine a affiché une réelle volonté de parvenir à un règlement du conflit vieux de 60 ans. Preuve de son implication personnelle, le président Bush doit effectuer en janvier une visite en Israël et dans les territoires palestiniens, la première d'un président américain en exercice depuis celle de Bill Clinton en 1998. (afp)

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