La ruée des Palestiniens vers l'Egypte continue

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Par: rédaction
24/01/08 - 11h42

Des dizaines de milliers de Palestiniens de la bande de Gaza, soumise à un blocus israélien, affluaient jeudi vers l'Egypte pour s'approvisionner pour la deuxième journée consécutive.

Pénurie
Cette ruée vers la partie égyptienne de la ville de Rafah, à cheval sur la frontière, et vers El-Arich, plus à l'ouest, s'est poursuivie toute la nuit, après la destruction partielle à l'explosif de la clôture frontalière mercredi. Confrontés à une pénurie de produits de base à Gaza en raison du blocus israélien imposé le 17 janvier en représailles aux tirs de roquettes palestiniennes, la plupart des Palestiniens font des provisions en Egypte, à des prix largement inférieurs à ceux pratiqués à Gaza.

Selon des témoins, de nombreux magasins dans la partie égyptienne de Rafah et El-Arich se sont totalement vidés de leurs stocks. Des commerçants de Gaza ont fait plusieurs navettes, achetant en Egypte des marchandises qu'ils revendent avec une marge importante chez eux, comme les cigarettes étrangères.

Salman, 25 ans, s'apprête à charger dans une camionnette une pile de 15 matelas qu'il vient d'acheter côté égyptien. Il a flairé la bonne affaire. "On ne trouve pas de matelas à Gaza. Lorsque les gens se marient, ils en ont besoin". L'ouverture de Rafah, où le terminal frontalier était fermé depuis juin 2006, a aussi offert à de nombreux habitants de Gaza une rare opportunité de quitter le territoire pour une escapade en famille de l'autre côté de la frontière.

Laisser passer
Le président égyptien Hosni Moubarak a affirmé avoir ordonné à la police égyptienne de laisser passer les Palestiniens pour qu'ils "achètent des produits alimentaires et puis retourner" dans la bande de Gaza sous contrôle du mouvement islamiste Hamas depuis juin 2007.

C'est mercredi matin, que les habitants de Gaza ont commencé à affluer en Egypte, des hommes masqués et armés ayant détruit à l'explosif une partie du mur en béton situé côté palestinien de la frontière, puis jeté à terre une clôture métallique marquant la frontière elle-même avant de faire sauter des pans d'un autre mur en béton situé côté égyptien.

Responsabilité
Israël a rejeté sur l'Egypte la responsabilité de gérer la situation, le ministre de la Défense Ehud Barak affirmant que les "Egyptiens connaissent parfaitement leurs obligations et ils les rempliront en fonction des accords" conclus avec son pays. Mais pour le porte-parole des Affaires étrangères, Israël n'est pas "tellement inquiet de ce qui sort de Gaza, mais plutôt ce qui y rentre. Le Hamas et les autres groupes terroristes vont profiter de l'occasion pour infiltrer terroristes et armes, la situation qui était grave va devenir pire".

Washington
La Maison Blanche a formulé la même préoccupation. "La situation à la frontière entre l'Egypte et Gaza est franchement grave, et nous sommes très inquiets", selon elle. Le secrétaire d'Etat adjoint chargé du Proche-Orient, David Welch, a exprimé cette inquiétude à l'ambassadeur d'Egypte à Washington, Nabil Fahmy, selon le département d'Etat qui a dit craindre que le Hamas "profite de cette situation (...) pour permettre à des combattants ou à d'autres de se procurer des armes et d'autres types d'équipements".

Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a affirmé mercredi que les pressions sur Gaza seraient maintenues tant que se poursuivent les tirs de roquettes sur le sud d'Israël, notamment sur la ville de Sdérot.
"Il n'y a aucune raison de permettre aux Palestiniens de mener une vie normale alors que les enfants de Sdérot pleurent et mouillent leur lit de peur", a-t-il dit à Herzliya, près de Tel-Aviv.

Blocus
Depuis l'imposition du blocus le 17 janvier, les tirs de roquettes ont sensiblement baissé. A New York, le Conseil de sécurité de l'ONU a encore ajourné à jeudi ses discussions sur son projet de texte demandant l'arrêt du blocus israélien, échouant à obtenir l'unanimité. (belga)

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