Des groupes palestiniens radicaux demandent l'ouverture de Rafah
Les mouvements palestiniens les plus radicaux, ont demandé vendredi à l'Egypte d'ouvrir le poste frontière de Rafah avec la bande de Gaza, à la fin d'une réunion de trois jours à Damas.
"Nous demandons à l'Egypte de rejeter les pressions américaines et israéliennes, de ne pas fermer la frontière avec Gaza, et d'imposer la souveraineté égyptienne et palestinienne sur le point de passage de Rafah" qui représente la seule ouverture de Gaza sur le reste du monde, ont-ils indiqué dans un communiqué. Ces mouvements palestiniens basés à Damas, dont le Hamas et le Jihad islamique, ont appelé l'Egypte à "assumer ses responsabilités pour faire lever le blocus et arrêter les punitions israéliennes contre notre peuple".
Soumis à un blocus israélien depuis le 17 janvier, des centaines de milliers de Palestiniens de la bande de Gaza se sont rués en Egypte depuis mercredi pour s'approvisionner, notamment en produits alimentaires, après que des activistes palestiniens eurent détruit une partie de la clôture frontalière. Des activistes palestiniens du Hamas ont détruit vendredi au bulldozer de nouveaux tronçons de cette clôture alors que les forces de sécurité égyptiennes tentaient de sceller la frontière.
Le communiqué des mouvements réunis à Damas a par ailleurs violemment critiqué l'Autorité palestinienne présidée par Mahmoud Abbas. "Le groupe d'Oslo (du nom de l'accord israélo-palestinien) ne représente pas tous les Palestiniens, il n'est pas habilité à parler au nom des Palestiniens de l'intérieur et de la diaspora", indique-t-il.
"Nous rejetons la politique suivie par ce groupe à l'égard de la résistance, notamment celle menée par (le Premier ministre palestinien) Salam Fayyad et ses services de sécurité", poursuit le texte. Le texte a dénoncé "les mesures visant à maintenir les réfugiés palestiniens dans leurs pays d'accueil".
Il a appelé l'ONU et le gouvernement libanais à "faire reconstruire le camp de Nahr el-Bared (Liban) et à verser des indemnités à ses habitants". Ce camp palestinien du nord du Liban a été entièrement détruit lors de combats intervenus en 2007 entre l'armée libanaise et le mouvement extrémiste sunnite Fatah Al-Islam. Les participants à la réunion ont appelé en outre "les dirigeants du Fatah à contribuer à ouvrir un dialogue national palestinien et à remédier aux divisions", entre le Hamas, qui a pris le contrôle de Gaza en juin, et le Fatah.
Un comité de suivi chargé d'appliquer les recommandations prises par la "conférence nationale palestinienne" a été constitué, selon le communiqué.
Les trois partis historiques, le Fatah de M. Abbas et les Fronts démocratique et populaire de libération de la Palestine (FDLP et FPLP), ont boycotté la rencontre. Le secrétariat général du Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui chapeaute les principaux mouvements nationalistes palestiniens, s'en est violemment pris à la Syrie dans un communiqué, affirmant qu'elle avait "commis une grave erreur en montant cette conférence qui s'est transformée en un concours de diatribes contre la direction et le gouvernement palestiniens". (7sur7)