Le flux de Palestiniens vers l'Egypte continue, poursuite des pourparlers
Le flux de Palestiniens de la bande de Gaza vers l'Egypte continuait vendredi à la frontière, alors qu'une délégation du Hamas poursuivait des entretiens au Caire avec des responsables égyptiens entourés d'un black-out médiatique.
Devant la pression de militants du Hamas qui commençaient à lever les lourdes barrières métalliques bloquant l'accès vers l'Egypte, les forces de l'ordre égyptiennes ont laissé vendredi les véhicules palestiniens passer à travers les "portes de Salaheddine et du Brésil". Ils sont cependant bloqués en territoire égyptien par un barrage policier qui leur interdit d'avancer plus loin dans la ville de Rafah. Les véhicules palestiniens avaient été interdits jeudi.
Nous mourrons à petit feuLes brèches ouvertes ont été colmatées par des grillages et fils de fer barbelés. Mais des milliers de Palestiniens continuaient vendredi à traverser - dans les deux sens - les cordons de policiers égyptiens. Ils s'inquiètent cependant d'une fermeture imminente de la frontière: "Il parait qu'ils vont bientôt fermer la frontière. C'est terrible ici, nous mourrons à petit feu", se lamente Nabil Khader, venu de la ville palestinienne de Khan Younès pour s'approvisionner en Egypte. Israël a imposé un blocus à la bande de Gaza le 17 janvier.
"Cette fois, on fera exploser toute la frontière pas que des tronçons", avertit un membre de la branche armée du Hamas. "Les autorités égyptiennes ont décidé de fermer la frontière dans les prochaines heures et canaliseront le passage à travers la porte de Salaheddine uniquement, jusqu'à la fermeture complète de la frontière", annonce le quotidien égyptien
Al-Ahram. Un officier égyptien affirme "ne pas savoir" quand sera scellée la frontière.
DiscussionsAu Caire, une délégation du Hamas a poursuivi ses pourparlers avec les responsables égyptiens pour régler la question de la frontière. Le dirigeant en exil du Hamas, Khaled Mechaal, s'est entretenu avec le chef des services de renseignements égyptiens, Omar Souleimane. Les pourparlers sont entourés d'un black-out médiatique total.
Toutefois, le responsable le plus influent du Hamas dans la bande de Gaza, Mahmoud al-Zahar, également en Egypte, a indiqué avoir réitéré que "la frontière devait être sous contrôle égypto-palestinien sans aucune intervention israélienne". "Nous avons appelé (l'Egypte) à laisser la frontière ouverte jusqu'à ce que la question du contrôle du terminal de Rafah soit réglée", a déclaré le porte-parole du Hamas, Sami Abou Zohri.
"Notre message est clair: le peuple palestinien n'acceptera pas un retour à la situation prévalant précédemment", a-t-il lancé à la foule. L'Egypte a fermé le terminal de Rafah lorsque le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza en juin 2007 après avoir défait les forces loyales au président palestinien, Mahmoud Abbas. Le Hamas refuse tout contrôle israélien ou présence internationale au terminal de Rafah.