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"Il faut renverser le Hamas, liquider ses dirigeants"

Des responsables israéliens ont menacé lundi de "liquider" des chefs du mouvement islamiste palestinien Hamas au moment où Israël hésite à lancer une vaste offensive à Gaza de crainte d'un enlisement.
"Il faut renverser le régime du Hamas, pulvériser sa force militaire et liquider tous ses dirigeants, sans faire de distinction artificielle entre ceux portant des ceintures d'explosifs et ceux portant le costume de diplomate", a affirmé le chef de la commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense, Tzahi Hanegbi.

Développement stratégique
"Un important développement stratégique est survenu ces dernières années. A notre frontière sud a surgi une entité terroriste fanatique, force d'avant-garde de l'Iran, déterminée et entraînée, dont l'objectif est de nous rendre exsangue", selon lui. "Cette situation doit changer du tout au tout", a ajouté l'un des dirigeants du parti centriste Kadima du Premier ministre Ehud Olmert dans une déclaration à la radio publique.

Réaction du Hamas
Réagissant à cette menace, le Hamas a affirmé qu'Israël "paiera un prix sans précédent" si elle venait à être mise à exécution. "Ces menaces ne font pas peur au Hamas ou au peuple palestinien. L'occupant israélien doit savoir qu'il aura à payer un prix sans précédent s'il commet une telle stupidité", a déclaré le Sami Abou Zouhri, le porte-parole du mouvement islamiste qui contrôle Gaza. Il a affirmé que la poursuite des tirs de roquettes depuis la bande de Gaza, auquel Israël riposte par des attaques meurtrières, était liée à l'"escalade" israélienne.

"Si cette escalade continue, les roquettes continueront", a-t-il dit. Les menaces israéliennes à l'encontre des dirigeants politiques du Hamas se multiplient au moment où l'Etat juif semble réticent à lancer une offensive terrestre dans la bande de Gaza qui risque de causer de lourdes pertes dans les rangs de l'armée israélienne.

Opération d'envergure
Selon la radio israélienne, le ministre de la Défense Ehud Barak a affirmé lundi devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense du parlement avoir donné ordre a l'armée de se préparer à l'éventualité d'une opération d'envergure a Gaza et "d'envisager ses conséquences". Il a aussi demandé à l'armée d'élaborer "d'autres moyens d'action", soulignant qu'Israël ne renoncerait à aucun moyen susceptible de ramener le calme et la sécurité aux localités israéliennes proches de Gaza.

Offensive terrestre
Partisan d'une offensive terrestre de grande envergure, M. Hanegbi a estimé sans qu'une force internationale pourrait se déployer à Gaza après une éventuelle opération israélienne. "Il faudrait tendre vers une telle solution, mais ses chances ne sont pas grandes", a-t-il dit.

Le ministre des Infrastructures Binyamin Ben Eliezer s'est en revanche montré réservé sur le bien-fondé d'une opération terrestre. "L'armée israélienne est prête depuis longtemps à passer à une offensive terrestre. Cette option demeure en dernier recours. Il n'est pas question ici d'hésitation mais de savoir si une telle opération ramènera le calme pour les habitants de Sdérot", a-t-il dit à la radio en se référant à la ville israélienne la plus visée par les roquettes palestiniennes.

Décisions difficiles
"Les décisions à prendre ne sont pas faciles", a déclaré un haut responsable israélien pour expliquer l'hésitation apparente du gouvernement. "Il y a, d'un côté, le sentiment pressant que la situation ne peut plus durer et qu'il faut agir. De l'autre, la crainte d'un enlisement de l'armée dans le bourbier de Gaza, celle des pertes en vies humaines.

Cela dans le climat encore pesant dans le pays des ratés de la guerre du Liban", a indiqué ce responsable. "On craint également les répercussions que pourraient avoir la liquidation des chefs du Hamas sur le sort du soldat (Gilad) Shalit", aux mains des groupes armés à Gaza, dont celui du Hamas, depuis juin 2006. (afp/7sur7)

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