Le numéro deux du gouvernement israélien, Haïm Ramon, s'est prononcé samedi pour le vote d'une loi d'indemnisation afin d'encourager à partir des colons habitant dans des implantations isolées en Cisjordanie.
M. Ramon a appelé à "promouvoir une loi pour l'indemnisation des colons" qui accepteraient de quitter les colonies situées à l'est du "mur" de séparation érigée par Israël en Cisjordanie, a rapporté la radio publique. "L'adoption d'une telle loi par le parlement israélien prouverait aux Palestiniens et à la communauté internationale qu'Israël entend réellement mettre fin à son contrôle de la Cisjordanie", a ajouté M. Ramon parlant lors d'une conférence à Tel-Aviv.
Il a estimé que la barrière de séparation établit en fait la frontière future entre un Etat palestinien et Israël, alors qu'officiellement cette clôture a été présentée par Israël comme une ouvrage défensif, visant à empêcher des Palestiniens de commettre des attentats en Israël.
L'idée exposée par M. Ramon est qu'Israël conserverait sous son contrôle les grands blocs d'implantation de Cisjordanie situés à l'ouest de la barrière de séparation et dans lesquels sont concentrés la majorité des 250.000 colons vivant dans ce territoire palestinien hors Jérusalem-est annexée.
Quelque 80.000 colons vivant dans des colonies isolées destinées à être évacuées devraient être concernés par le projet de loi d'indemnisation.
Présentée par Israël comme une "clôture antiterroriste", la barrière, qui doit s'étendre à terme sur plus de 650 km, est qualifiée de "mur de l'apartheid" par les Palestiniens, car il empiète sur la Cisjordanie et rend problématique la création d'un Etat palestinien viable.
Selon l'Office des Nations unies pour la coordination des Affaires humanitaires (OCHA), la construction de cet ouvrage et l'établissement d'une "zone tampon" devraient priver les Palestiniens de 6.289 hectares.
Le 9 juillet 2004, la Cour internationale de Justice (CIJ) avait jugé illégale la construction de cette barrière et exigé son démantèlement, tout comme l'a fait ensuite l'Assemblée générale de l'Onu. Israël n'a pas tenu compte de ces demandes non contraignantes et poursuivi les travaux dont plus des deux tiers sont achevés. (afp)


