Le président palestinien Mahmoud Abbas a jugé samedi que l'offensive meurtrière israélienne à Gaza était "plus qu'un holocauste", bien qu'Israël ait démenti avoir utilisé ce terme pour menacer le territoire palestinien.
"Malheureusement Israël utilise ces jours un terme généralement évité depuis 60 ans et c'est le terme holocauste (...) Ce qui se passe à Gaza est plus qu'un holocauste", a déclaré M. Abbas, renouvelant son appel à "une protection internationale du peuple palestinien". Il s'exprimait lors d'un discours à Ramallah, en Cisjordanie, devant le comité préparatoire en vue d'une réunion du Conseil national palestinien (CNP - le parlement palestinien en exil").
"Il est impensable que la réaction israélienne à des tirs de roquettes palestiniens, que nous condamnons, soit aussi terrible et effroyable", a-t-il ajouté en précisant que l'offensive israélienne qui a fait au moins 32 morts samedi, visait "des innocents, des femmes, enfants et vieillards". "Nous disons au monde, regardez ce qui se passe et jugez par vous-mêmes qui a recours au terrorisme international", a ajouté le président palestinien.
Shoah
Vendredi, Israël a catégoriquement démenti avoir menacé la bande de Gaza d'un holocauste à la suite d'une traduction, jugée "fallacieuse", par des médias internationaux d'un mot en hébreu utilisé par le vice-ministre de la Défense, Matan Vilnaï. Face à la poursuite des tirs de roquettes sur le territoire israélien à partir de la bande de Gaza, le vice-ministre de la Défense a averti que les Palestiniens risquent d'"attirer sur eux une catastrophe encore pire que celles qu'ils ont connues".
"Le ministre a usé en hébreu du terme shoah, qui signifie catastrophe, un terme qui dans ce contexte ne se réfère pas à la Shoah, l'Holocauste", a déclaré son porte-parole, en faisant directement référence au génocide nazi contre les Juifs durant la Seconde Guerre mondiale .
Selon un communiqué publié ensuite par son bureau, le président palestinien a eu des contacts avec "plusieurs dirigeants de la communauté internationale pour tenter d'obtenir l'arrêt de l'escalade israélienne". Il a appelé le quartette international sur le Proche-Orient (Etats-Unis, Union européenne, Russie, ONU) à "intervenir rapidement pour mettre fin aux massacres quotidiens à Gaza", a ajouté le texte.
M. Abbas, a-t-on ajouté, effectue aussi "des contacts en vue d'une réunion d'urgence de la Ligue arabe et d'une autre réunion du Conseil de sécurité de l'ONU pour mettre fin à cette escalade destructrice".


