Olmert brandit la menace d'une offensive majeure à Gaza

Pressé par une opinion publique exaspérée par la poursuite de tirs de plus en plus meurtriers depuis la bande de Gaza, le Premier ministre israélien Ehud Olmert a fait planer vendredi la menace d'une "action militaire dure" contre le territoire palestinien.
Au lendemain de la mort dans le sud d'Israël d'un civil tué par un obus palestinien, l'armée israélienne a continué ses opérations ponctuelles à Gaza, où un combattant du groupe palestinien Hamas a été tué et un soldat israélien blessé. Dix Palestiniens ont été blessés dans un raid aérien israélien.
"Compte tenu des informations (à ma disposition), la balance penche en faveur d'une action militaire dure", a déclaré M. Olmert aux journalistes à l'aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv à son retour d'une visite à Washington.
Selon lui, le gouvernement israélien "examine la moindre possibilité de parvenir à un calme complet qui apporterait la paix aux résidents du sud (d'Israël) sans entrer dans un conflit violent et dur avec les organisations terroristes à Gaza".
Mais il a souligné que faute d'un accord, Israël serait amené à lancer des opérations "plus agressive et plus dures". Selon le quotidien israélien Yediot Aharonot, l'armée israélienne a achevé ses préparatifs en vue d'une attaque d'envergure à Gaza mais n'envisage pas de réoccuper de façon permanente le territoire, qu'elle avait évacué en 2005.
A son départ de Washington la veille, M. Olmert avait déjà estimé "que nous sommes plus proches d'une opération militaire que de toute autre solution," en référence à des efforts de médiation de l'Egypte avec le Hamas en vue d'une trêve.
Le même jour, le ministre de la Défense Ehud Barak avait déclaré lui aussi qu'une opération militaire était "plus proche que jamais à Gaza" et pourrait même précéder un accord de trêve. Ces déclarations sont intervenues après la mort d'un civil israélien dans l'explosion d'un obus tombé dans l'enceinte d'une usine de matériaux de construction du kibboutz (village collectiviste) Nir Oz.
Quatre Israéliens ont été blessés. Le tir a été revendiqué par la branche militaire du Hamas qui contrôle le territoire palestinien, limitrophe du sud d'Israël. En représailles, l'armée israélienne a mené un raid aérien à Gaza dans lequel une fillette palestinienne de quatre ans a péri.
Depuis septembre 2000, seize Israéliens ont été tués par des roquettes ou des obus de mortier tirés à partir de la bande de Gaza vers le sud d'Israël. Trois d'entre eux ont été tués ces dernières semaines. Lors des funérailles de la dernière victime vendredi, des représentants des localités israéliennes dans le sud ont appelé le gouvernement à prendre une décision rapide, soit d'accepter une trêve, soit de lancer une offensive.
La veille certains d'entre eux avaient accusé le gouvernement, déstabilisé par les soupçons de corruption qui pèsent sur M. Olmert, de ne pas se préoccuper assez de leur sécurité. L'Egypte mène des efforts de médiation avec le Hamas en vue d'une trêve, car Israël considère le mouvement islamiste comme une ¨organisation terroriste" et refuse de le reconnaître comme interlocuteur.
Le Hamas propose de stopper les tirs de roquettes en échange de la levée du blocus israélien imposé par Israël à Gaza et de la réouverture des terminaux entre ce territoire et l'extérieur, en particulier celui de Rafah, à la frontière égyptienne.
Israël exige pour sa part la fin des tirs de roquettes et de la contrebande d'armes entre le Sinaï égyptien et la bande de Gaza, ainsi que des progrès dans les pourparlers en vue de la libération du soldat israélien Gilad Shalit, enlevé en Israël en 2006 par trois groupes armés palestiniens, dont le Hamas. Ces contacts n'ont jusqu'à présent pas apporté de résultat. (afp/7sur7)