Israël négocie en Egypte les termes d'une trêve avec le Hamas

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Par: rédaction
12/06/08 - 11h21
Des commentateurs ont souligné que M. Olmert (sur la photo), après avoir hésité sur la tactique à suivre, s'était finalement rangé à l'avis de son ministre de la Défense Ehud Barak en faveur d'une trêve.

Israël négociait jeudi avec l'Egypte les termes d'un accord sur une trêve dans la bande de Gaza contrôlée par le Hamas, après avoir renoncé à lancer dans l'immédiat une opération militaire d'envergure.

Le général de réserve Amos Gilad, un haut responsable du ministère de la Défense, était attendu au Caire dans la journée pour des entretiens avec des responsables égyptiens, a précisé une porte-parole de ce ministère, sans donner plus de précisions.

Selon la radio publique, M. Gilad devait rencontrer le chef des renseignements égyptiens Omar Souleimane, qui joue un rôle clé d'intermédiaire entre Israël et le Hamas pour mettre fin aux violences et procéder à un échange de prisonniers afin d'obtenir la libération d'un soldat israélien, Gilad Shalit, détenu par les islamistes depuis deux ans.

Mercredi, le cabinet de sécurité israélien a décidé de donner une chance à la mission de bons offices menée par l'Egypte tout en affirmant conserver l'option militaire si les tirs de roquettes se poursuivaient de la bande de Gaza vers les localités du sud d'Israël.

Selon le quotidien Maariv, le cabinet de sécurité israélien s'est donné deux semaines pour parvenir à une trêve. Si, à l'issue de ce délai, les tirs de roquettes continuent, l'armée recevra l'ordre de lancer une opération en profondeur dans la bande de Gaza, a ajouté le journal en citant des responsables israéliens.

Le Hamas veut de son côté obtenir la levée du blocus israélien, qui a provoqué l'asphyxie de l'économie de la bande de Gaza, et notamment la réouverture du terminal de Rafah à la frontière avec l'Egypte, qui constitue la seule ouverture vers le monde extérieur. Selon la radio publique israélienne, l'Etat hébreu souhaite alléger ce blocus par étapes.

Dans un premier temps, Israël devrait proposer un allègement des restrictions sur le transit de l'aide humanitaire à la bande de Gaza si les tirs de roquettes cessent. Par la suite, Israël pourrait autoriser le transfert de camions de marchandises vers le territoire, si les pourparlers en vue de la libération de Gilad Shalit progressent.

Les autorités israéliennes pourraient ensuite rouvrir Rafah, fermé depuis la capture de Gilad Shalit, mais uniquement après sa libération.
Cette politique de "retenue" va à l'encontre de l'avis d'une bonne partie des ministres membres du cabinet de sécurité qui préconisent une opération de grande envergure pour "casser" le pouvoir du Hamas, un an après sa prise de contrôle de Gaza.

Des commentateurs ont souligné que M. Olmert, après avoir hésité sur la tactique à suivre, s'était finalement rangé à l'avis de son ministre de la Défense Ehud Barak en faveur d'une trêve, afin de ne pas irriter l'Egypte ou compromettre la prochaine visite de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice dans la région.

Mme Rice doit rencontrer dimanche à Jérusalem le Palestinien Ahmad Qoreï et l'Israélienne Tzipi Livni, ministre des Affaires étrangères, tous deux chargés des pourparlers israélo-palestiniens. M. Barak a toutefois prévenu qu'Israël était "prêt" pour une opération militaire.

"Dès que l'armée en aura reçu l'ordre, elle agira. Mais notre devoir suprême, avant de donner un tel ordre, est de vérifier toutes les possibilités, notamment celle qui nous évitera le recours à la force", a-t-il dit jeudi lors d'un point de presse à propos de la mission d'Amos Gilad. "Nous allons vérifier la possibilité de parvenir à une accalmie avant de recourir à la force", a ajouté le ministre de la Défense. (afp)

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