-
 
7sur7.be

Un "oui mais" de l'UE à Israël pour ménager les Arabes

Les pays européens lancent lundi avec Israël des négociations visant à approfondir leurs relations, sans toutefois fixer aucune échéance de peur d'irriter certains pays arabes à l'approche du sommet inaugural de l'Union pour la Méditerranée.

"Les Etats membres ont accepté la proposition d'approfondir les relations avec Israël" et les discussions seront "lancées" lundi soir, lors de la venue à Luxembourg de la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni, a indiqué la commissaire européenne aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner. Mais la commissaire n'a voulu donner aucune indication sur la durée de ces négociations. Elle a aussi estimé qu'il était "trop tôt pour parler des détails" de cet approfondissement, qui pourrait prévoir des rencontres ministérielles plus fréquentes entre l'UE et l'Etat hébreu et un renforcement de la coopération dans des domaines comme l'économie, le commerce, la recherche, l'éducation, la justice, etc...

L'évolution des relations devra se faire "en tenant compte des intérêts des deux parties, et dans le contexte de la résolution du conflit israélo-palestinien", a-t-elle ajouté. Une allusion aux critiques de certains eurodéputés, dont la socialiste belge Véronique De Keyser, qui estiment qu'aucun approfondissement ne devrait être envisagé tant qu'Israël ne traitera pas mieux les Palestiniens, en améliorant les conditions de vie à Gaza et en cessant les colonisations à Jérusalem-Est. Interrogée néanmoins pour savoir si la résolution du conflit israélo-palestinien était "une condition" à la finalisation de cet approfondissement, Mme Ferrero-Waldner est restée vague: elle a simplement souligné que les termes de la "position commune" adoptée lundi matin par les ambassadeurs des 27 étaient "assez ambigus".

Elle a en revanche assuré que cette ambiguïté européenne face à la proposition détaillée de partenariat renforcé faite par Israël depuis novembre 2007 n'avait "rien à voir" avec le sommet prévu le 13 juillet à Paris pour inaugurer l'Union pour la Méditerranée chère à Nicolas Sarkozy. Les dirigeants d'Israël et de nombreux pays arabes sont invités à participer à ce sommet, censé dynamiser un "processus de Barcelone" apathique, qui vise depuis 1995 à renforcer la coopération entre l'UE et les pays du sud de la Méditerranée, sans grand résultat concret pour l'instant. Si le Premier ministre israélien Ehud Olmert a déjà promis de venir à Paris, de nombreux dirigeants arabes réservent encore leur réponse. Certains diplomates français reconnaissent en privé que l'annonce de l'instauration d'un partenariat renforcé rapide avec Israël pourrait en convaincre plus d'un de refuser l'invitation.

Côté israélien, on est conscient "qu'à Paris on est un peu nerveux en ce moment", indique une source diplomatique. "Ils s'inquiètent que les dirigeants arabes ne viennent pas à Paris", comme ils avaient déjà boudé le 10e anniversaire du processus de Barcelone en 2005, a-t-il ajouté. Un renforcement des relations avec Israël fait en effet partie des objectifs officiels de l'UE, comme il est prévu aussi avec le Maroc ou avec l'Ukraine, a reconnu Mme Ferrero-Waldner. Le problème semble donc être surtout une question de "timing". Le diplomate israélien s'est cependant montré philosophe face à ces hésitations européennes.

"L'approfondissement des relations UE-Israël est de toutes façons déjà une réalité", a-t-il souligné, en évoquant des négociations en cours sur la libéralisation du commerce ou encore l'invitation faite aux Israéliens de participer au système européen de navigation par satellite Galileo. (belga/7sur7)
16/06/08 17h31
      mailIcon Envoyez cet article      printIcon Version imprimée

Votre avis nous intéresse!

Partagez votre opinion avec plus de 60.000 visiteurs

 

© De Persgroep Publishing. Tous les droits réservés. Lisez les conditions d'utilisation

Mediargus Metriweb