Le président Sarkozy en Israël et dans les territoires palestiniens

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Par: rédaction
22/06/08 - 09h40

A la veille de lancer son projet d'Union pour la Méditerranée, Nicolas Sarkozy entame dimanche avec le titre d'ami de l'Etat hébreu sa première visite attendue de président en Israël et dans les territoires palestiniens, alors que le processus de paix patine.

Depuis de nombreuses années, le chef de l'Etat français clame haut et fort son amitié pour Israël, qui le lui rend bien. En décembre 2004, les autorités de l'Etat hébreu avaient ainsi déroulé à Jérusalem le tapis rouge à celui qui n'était encore que le chef de l'UMP.

C'est donc sans surprise qu'après les tensions qui avaient marqué les relations traditionnellement tumultueuses des deux pays lors des deux mandats de Jacques Chirac, l'élection de Nicolas Sarkozy a été saluée à Jérusalem comme la promesse d'une ère nouvelle.

"Le président Sarkozy a dit qu'Israël est le miracle du XXe siècle. C'est quelque chose que nous n'oublierons pas", a déclaré jeudi le Premier ministre israélien Ehud Olmert dans Le Figaro.

"La relation avec la France est meilleure qu'elle ne l'a été au cours des années passées", a ajouté M. Olmert, et "il existe un fort potentiel pour des relations encore meilleures".

Depuis son arrivée à l'Elysée, la proximité de vues entre les deux pays ne s'est pas démentie. Le président a réservé la première visite d'Etat de son mandat à son homologue Shimon Peres.

Et il se montre très ferme contre la menace nucléaire iranienne et sur la sécurité d'Israël. "L'existence d'Israël n'est pas discutable, sa sécurité n'est pas négociable", a-t-il répété dans un entretien publié vendredi par les quotidiens israéliens Yediot Aharonot et Maariv.

Mais s'il condamne le terrorisme qui la menace, Nicolas Sarkozy ne manque pas une occasion de rappeler qu'elle passe aussi par "la création d'un Etat palestinien démocratique, moderne et viable" et "l'arrêt de la colonisation".

"La paix est à ce prix", a-t-il insisté dans ces deux journaux. Un message que le chef de l'Etat devrait répéter pendant les trois jours de sa visite, d'abord à MM. Olmert et Peres, puis lundi devant la Knesset, le parlement israélien, ainsi qu'au président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, qu'il doit rencontrer mardi à Bethléem (Cisjordanie).

Mais, dans un contexte délicat marqué par l'enlisement du processus de paix relancé fin 2007 à Annapolis (Etats-Unis), Nicolas Sarkozy n'espère plus de déblocage rapide de la situation.

"Olmert comme Abbas sont dans une situation délicate vis-à-vis de leur camp, qui rend difficile toute décision forte et courageuse de leur part", dit-on dans son entourage. Le gouvernement israélien est fragilisé par les accusations de corruption visant son Premier ministre, et l'autorité du chef palestinien du Fatah est contestée par le Hamas, qui a pris le contrôle de Gaza.

A défaut de pouvoir relancer spectaculairement le processus de paix, le président plaidera donc auprès de ses interlocuteurs pour son projet d'Union pour la Méditerranée (UPM), dont il espère qu'il permettra de rapprocher les protagonistes du conflit israélo-arabe.

Le Premier ministre israélien comme le président syrien Bachar al-Assad ont promis, selon Paris, d'être présents à Paris le 13 juillet pour le coup d'envoi de l'UPM. Mais là encore, les deux responsables, qui ont repris langue via la Turquie, ont exclu toute négociation directe à cette occasion. Sur ce sujet aussi, Paris veut faire preuve de modestie.
"Le processus de paix ne se porte pas bien mais l'accord interlibanais de Doha, la reprise de discussions israélo-syriennes et la trêve entre Israël et le Hamas ont ravivé quelques espoirs", constate-t-on à l'Elysée. (afp)

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