Israéliens, Palestiniens et Jordaniens parlent de paix à Tokyo

Des ministres israélien, jordanien et palestinien ont entamé mercredi des pourparlers de paix à Tokyo centrés autour d'un projet japonais de développement économique en faveur des Palestiniens.
Le Japon, qui cherche à accroître sa présence au Proche-Orient et à jouer un plus grand rôle sur la scène internationale, espère que cette réunion de deux jours débouchera sur la construction d'un complexe agro-industriel près de Jericho, en Cisjordanie, en vue de créer des emplois pour les Palestiniens.
Nouveaux défisCe projet "démontre la relation qui existe entre la prospérité et une paix durable pour toute notre région", a déclaré le ministre jordanien des Affaires étrangères, Salah Bashir. Mais il a ajouté que le meilleur moyen de résoudre le conflit israélo-palestinien qui dure depuis des décennies, était de parvenir à la solution des deux Etats, adoptée lors du sommet d'Annapolis, près de Washington, en novembre 2007.
"Le conflit israélo-palestinien est la question cruciale au Proche-Orient. Si nous le réglons, nous serons en meilleure position pour nous attaquer aux autres défis politiques, mais aussi aux défis économiques", a estimé M. Bashir.
EntretiensLe ministre japonais des Affaires étrangères Masahiko Komura a d'abord eu un entretien avec le chef de la délégation israélienne, le ministre de la Protection de l'environnement, Gideon Ezra. La réunion devait ensuite s'élargir aux deux autres participants, M. Salah, et le ministre palestinien du Plan, Samir Abdallah. Le Premier ministre japonais Yasuo Fukuda devait se joindre aux discussions dans la soirée.
Le Japon souhaitait organiser cette rencontre avant le sommet des pays industrialisés du G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon et Russie), du 7 au 9 juillet à Toyako (nord), où la question du Proche-Orient sera abordée.
Dès 2009Le projet proposé par Tokyo en 2006 prévoit de construire un complexe près de Jericho, en Cisjordanie, en vue d'exporter des fruits et des légumes, via la Jordanie, vers le Golfe. Le Japon espère que la construction pourra commencer au début de l'an prochain et qu'à terme, le projet offrira 6.000 emplois aux Palestiniens.
Les négociations se poursuivent pour obtenir le feu vert des autorités israéliennes qui contrôlent la sécurité et les ressources en eau de la région. Le ministre jordanien des Affaires étrangères a par ailleurs demandé expressément à Israël de cesser de construire des colonies, qui, a-t-il dit, minent la confiance entre Israéliens et Palestiniens.
"Il est également important de régler la question des déplacements des personnes et des biens. Ces deux éléments pourraient améliorer de façon significative la vie des Palestiniens sur le terrain", a dit M. Bashir. Les autorités israéliennes ont approuvé le mois dernier un projet de construction de 40.000 nouveaux logements à Jérusalem sur les 10 ans à venir, y compris dans le secteur oriental de la ville sainte annexé par les Israéliens.