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Un officier démis pour avoir ordonné de tirer sur un Palestinien menotté

Un officier israélien qui avait ordonné à un garde-frontière de tirer à bout portant une balle caoutchoutée sur un Palestinien menotté a été démis de ses fonctions, mais il n'encourra pas de peine de prison, a-t-on appris mercredi de source militaire.

Le lieutenant-colonel Omri Borberg sera uniquement poursuivi pour "conduite non conforme aux normes de l'armée", un chef d'accusation mineur qui n'entraîne ni peine de prison ni inscription au casier judiciaire, selon un accord entre ses avocats et la justice militaire.

En vertu de cet accord, qui doit encore être entériné par le chef d'état-major, l'officier ne pourra plus avoir de poste de commandement, sans pour autant être expulsé formellement de l'armée.

L'association israélienne de défense des droits de l'Homme B'Tselem a qualifié cet arrangement avec le bureau du procureur militaire de "honteux", dans un communiqué public.

"Une armée qui considère qu'un tir à bout portant sur un homme menotté est uniquement "non conforme aux normes" méprise les principes qu'elle prétend être siens", affirme B'Tselem.

L'ONG exige en outre l'ouverture d'une enquête criminelle contre le colonel responsable de tout le secteur, qu'elle accuse d'avoir couvert l'affaire.

Dans des images vidéo filmées le 7 juillet par un villageois de la localité de Nilin, à l'ouest de Ramallah (Cisjordanie), on voit le soldat tirer sur la jambe d'un manifestant arrêté, menotté et les yeux bandés, alors que lieutenant-colonel le tenait par le bras.

Le manifestant, Ashraf Abou Rahma, 27 ans, avait été légèrement blessé à la jambe et soigné sur place. C'est seulement après le dépôt d'une plainte par B'Tselem et la diffusion de la cassette vidéo par les télévisions palestinienne et israélienne que l'armée avait annoncé l'ouverture d'une enquête.

La bavure s'était produite dans Nilin, où l'armée avait imposé un couvre-feu après des manifestations ponctuées de jets de pierres contre la construction par Israël d'une barrière séparant le village de 250 hectares de ses terres.

Depuis lors, un enfant palestinien de 12 ans et un jeune homme de 18 ans ont été tués en bordure du village par des tirs de garde-frontières, lors de la répression de manifestations contre la construction de la barrière.

Aucun des soldats à l'origine des tirs n'est actuellement sous les verrous. Selon le rapport publié fin juillet par une autre ONG --l'organisation israélienne de défense des droits de l'Homme Yesh Din--, dans 94% des cas l'armée israélienne n'a pas donné suite à des plaintes concernant des exactions présumées de militaires à l'encontre de Palestiniens.

Ce rapport indique que sur 1.246 dossiers ouverts entre 2000 et 2007 sur le comportement de militaires à l'encontre de Palestiniens, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, seuls 76 ont abouti à des inculpations.

Israël qualifie la "barrière de sécurité" qu'il érige sur plus de 700 km en Cisjordanie, de mesure légitime et nécessaire qui a permis de limiter, selon lui, les attentats palestiniens. Les Palestiniens la qualifient de "mur de l'apartheid". (afp/7sur7)
06/08/08 21h17
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