2 handicapés mentaux séquestrés pendant des années
Deux Palestiniens handicapés mentaux ont été séquestrés dans une pièce obscure pendant des années par leur famille dans la région de Hébron en Cisjordanie avant d'être libérés par la police, a-t-on appris jeudi de sources policières. Nawal, âgée de 42 ans, et son frère Bassam, 39 ans, ont été découverts fortuitement mardi lors de perquisitions dans le village de Beit Awwa, selon ces sources.
"Nous avons pénétré dans une pièce obscure, et découvert deux individus entièrement nus. Une odeur fétide se dégageait et il y avait du foin par terre. C'était une scène horrible et bouleversante", a déclaré le chef de la police de la région de Hébron, le général Ramadan Awad.
"Les occupants de la maison criaient pour nous exhorter à ne pas nous approcher de Bassam, affirmant qu'il allait nous déchiqueter", a-t-il ajouté. Leur père a été brièvement appréhendé par la police avant d'être relâché pour qu'il puisse les remettre à une association caritative, Al-Ihsan, qui s'occupe de personnes handicapées. Leur belle-mère a nié que Bassam et sa soeur aient fait l'objet de mauvais traitements et a accusé la police de "mentir".
"Nawal et Bassam sont des retardés mentaux et nous les traitons bien, et les affirmations de la police à ce sujet ne sont que pure affabulation et mensonges", a-t-elle assuré.
"Avant moi, mon mari était marié à une cousine avec laquelle il a eu sept enfants, tous mentalement retardés. Cinq sont décédés à différents âges, et les seuls survivants sont Nawal et Bassam qu'aucune association n'a acceptés", a-t-elle ajouté.
Selon elle, Nawal et Bassam étaient enfermés dans la pièce "non pas parce qu'on a voulu les séquestrer mais pour leur épargner les brimades des gens et des enfants dans la rue", a-t-elle encore dit, indiquant "qu'il y a d'autres handicapés dans le village, que les enfants maltraitent".
Le directeur de l'association Al-Ihsan, Khaled Al-Zaatari, a affirmé que son établissement avait accueilli Nawal et Bassam en 2001 mais qu'ils n'avaient pu y être maintenus que trois mois "car le frère était trop violent".
"Nous pouvons accueillir 120 personnes seulement, nous donnons priorité à ceux qui souffrent de handicaps mentaux sévères", a-t-il expliqué, en indiquant lui aussi qu'il y beaucoup de cas similaires à celui de Nawal et Bassam dans la région de Hébron.
"Certaines familles dissimulent leurs enfants retardés mentaux et n'en parlent même pas, car elles pensent que leur réputation en pâtirait ou qu'il leur serait difficile de marier leurs autres fils ou filles si cela se savait", a-t-il conclu. (afp/7sur7)