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Israël s'engage à stopper l'aide aux colonies sauvages

Le gouvernement israélien a promis dimanche de stopper le financement des implantations sauvages construites en Cisjordanie sans son autorisation, suite à une escalade de violence de colons extrémistes, selon un communiqué officiel.

"Le gouvernement a décidé de stopper immédiatement tout financement, qu'il soit direct ou indirect, d'avant-postes illégaux ou de leurs infrastructures", stipule ce communiqué en référence aux colonies sauvages. Le Premier ministre Ehud Olmert a jugé que "la situation était intolérable et inacceptable. Les violations de la loi s'accompagnent souvent de violences contre les forces de l'ordre", a-t-il dit aux journalistes avant un conseil des ministres à Jérusalem. Il réagissait aux violences de la nuit à Hébron, où deux gardes-frontières israéliens ont été blessés par des jets de pierres lors d'affrontements avec des colons, les quatrièmes en deux semaines dans ce secteur.

Le chef du cabinet de transition a souligné que "ce groupe de hors-la-loi est loin d'être insignifiant", mais a rendu hommage "à la grande majorité des citoyens vivant en Judée et Samarie (Cisjordanie) qui observent la loi". M. Barak a de son côté parlé de "phénomène grave, qu'aucune société ne saurait tolérer", et assuré vouloir le combattre "de toutes (ses) forces". Le chef du Shin Beth (service intérieur de sécurité), Youval Diskin, a même mis en garde le cabinet contre le risque d'assassinat de dirigeants politiques par des extrémistes de droite, à quelques jours du 13è anniversaire du meurtre du Premier ministre Yitzhak Rabin, selon la radio publique.

Le porte-parole des gardes-frontières, Moshé Pinchi, a indiqué que deux de ses hommes avaient été blessés par des jets de pierres dans la nuit "quand des colons ont cyniquement envoyé des mineurs" attaquer ses forces. Itamar Ben Gvir, un dirigeant des colons de Hébron, a affirmé de son coté que "les gardes-frontières ont frappé un enfant de 10 ans, et se sont ensuite pris une raclée (...) Ceux qui frappent nos enfants doivent savoir que nous ne tendrons pas l'autre joue". Cette vague de violences de colons est survenue après la destruction le 29 octobre par l'armée d'un point de colonisation sauvage, à Hébron, vécue comme une provocation par le mouvement radical des colons de Kyriat Arba, dans le voisinage.

Cette colonie sauvage était occupée par Noam Federman, un des dirigeants des colons de Hébron, où vivent plus de 600 extrémistes. Dans la foulée, des colons s'étaient livrés à des violences anti-palestiniennes, lancant des pierres contre des maisons, endommageant des tombes d'un cimetière musulman et crevant les pneus de plusieurs voitures. Un photographe palestinien de l'AFP couvrant ces violences avait été blessé vendredi par des jets de pierres de colons. Le même jour, l'Union européenne a condamné ces exactions et exhorté le gouvernement israélien à "prendre les mesures nécessaires pour mettre un terme immédiat" aux violences "dans le respect de ses obligations internationales."

L'un des colons radicaux de Kyriat Arba a fait scandale en souhaitant aux soldats israéliens de mourir ou d'être enlevés par des Palestiniens. Dans la même veine, le rabbin de Hébron et Kyriat Arba, Dov Lior, a carrément accusé l'armée de se conduire avec les colons "comme les nazis en Pologne, il y a quelques dizaines d'années". Selon un accord conclu en 1997 avec l'Autorité palestinienne, Israël a évacué 80% de Hébron, mais occupe toujours une enclave autour du Caveau des Patriarches où vivent plusieurs centaines de colons protégés par l'armée et entourés de 150.000 Palestiniens. (afp)
02/11/08 16h34
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