L'Egypte a condamné samedi les "agressions militaires israéliennes" et ouvert le terminal de Rafah, frontalier de la bande de Gaza, pour accueillir les blessés des raids aériens israéliens qui ont fait plus de 200 morts dans le territoire palestinien.
Au Caire, environ 2.000 Egyptiens ont manifesté pour protester contre l'attaque israélienne, accusant de "complicité" le président égyptien Hosni Moubarak, qui avait reçu jeudi la chef de la diplomatie israélienne Tzipi Livni.
"L'Egypte condamne les agressions militaires israéliennes sur la bande de Gaza et fait porter la responsabilité à Israël, en tant que force d'occupation, des morts et des blessés", a déclaré M. Moubarak dans un communiqué officiel.
"Nous ne pouvons pas permettre la poursuite de ces attaques", a déclaré pour sa part le ministre des Affaires étrangères Ahmed Aboul-Gheit sur la télévision publique. "Nous ne pouvons pas permettre le meurtre de Palestiniens", a-t-il ajouté.
L'Egypte, l'un des deux pays arabes avec la Jordanie à avoir signé un traité de paix avec Israël, a par ailleurs convoqué l'ambassadeur d'Israël au Caire, Shalom Cohen, afin de demander l'arrêt de l'opération israélienne, décidée en riposte aux tirs de roquettes de la bande de Gaza contre l'Etat hébreu.
"Nous avons convoqué l'ambassadeur israélien et nous lui avons dit que nous refusions cette agression et que nous exigions son arrêt immédiat", a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hossam Zaki.
L'agence Mena a rapporté que le terminal de Rafah avait été ouvert afin d'accueillir les blessés palestiniens et de "leur donner les soins nécessaires dans les hôpitaux égyptiens", selon un communiqué officiel.
Des dizaines de blessés palestiniens sont passés par le terminal et des centaines d'autres étaient attendus, selon la télévision publique égyptienne. Les raids ont fait des centaines de blessés, selon le chef des urgences à Gaza.
Un responsable de la sécurité a indiqué que des hélicoptères étaient partis à Rafah pour ramener des blessés dans des hôpitaux du Caire. Abdel Fadil Shusha, le gouverneur de la province du Nord du Sinaï, frontalière avec Gaza, a précisé que six ambulances avaient été envoyées à Rafah.
La sécurité à la frontière a également été renforcée avec le déploiement de 500 policiers anti-émeutes, a indiqué un responsable de la sécurité. L'Egypte craint que le regain de violence ne pousse la population de Gaza à forcer la frontière pour entrer sur son territoire, comme cela avait été le cas en janvier 2008.
Au Caire, environ 2.000 Egyptiens ont manifesté pour protester contre l'attaque israélienne, accusant M. Moubarak de "complicité".
"Moubarak et Livni se sont mis d'accord sur le génocide du peuple palestinien", "Moubarak est un complice des attaques contre le peuple palestinien", pouvait-on lire sur des pancartes.
Mme Livni avait promis jeudi au Caire des représailles contre le Hamas, douchant les espoirs d'une nouvelle trêve.
"A bas, à bas Hosni Moubarak", a scandé la foule, qui a appelé à la fermeture de l'ambassade d'Israël.
Les manifestants, représentant l'ensemble des partis d'opposition, étaient encadrés par des centaines de policiers. Dans la foule, se trouvait notamment le guide de la Confrérie des Frères musulmans, principal groupe d'opposition en Egypte, Mohamed Mehdi Akef. (belga)
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